Une délégation de maires camerounais conduite par le président des Cvuc, Augustin Tamba, a séjourné en Belgique dans le but de nouer des partenariats divers.
Une eau claire circule dans un petit bassin en direction d’une rivière qui se trouve en contrebas. Presqu’un miracle pour ceux qui, quelque temps plus tôt, ont vu sa source. Il s’agit en fait des eaux usées collectées dans les différents ménages de Villers-la-Ville et des villages voisins dans la province du Brabant wallon en Belgique. La station d’épuration qui y a été inaugurée en 2014 constituait la dernière étape de la visite d’une trentaine de maire camerounais dans cette province belge. Et beaucoup d’entre eux ont été impressionnés par cette expérience d’assainissement des eaux usées et ne rêvent plus que de profiter de cette expérience pour la gestion des eaux usées de leurs communes au Cameroun.
C’est cette collaboration entre les communes de Belgique et du Cameroun qui était au cœur de la mission organisée du 21 au 23 avril par les Communes et villes unies du Cameroun (Cvuc). Une mission qui intervient environ 5 mois après les Journées économiques internationales des communes (Jeicom 21), qui se sont tenues du 3 au 5 décembre 2021 à Yaoundé et qui ont connu la participation d’une importante délégation belge.
«Le partenariat international, c’est un peu comme le foot. Après le match aller, il faut toujours un match retour. C’est dans la logique des choses», a déclaré André Flahaut, député fédéral et ministre d’Etat, qui conduisait la délégation belge en décembre 2021 au Cameroun. «Je garde de cette activité un souvenir enthousiaste. Convivialité, partage des valeurs, sensibilité commune pour l’échelon local… tout cela était au rendez-vous », a-t-il déclaré le 22 avril dernier à Wavre, au gouvernorat de la province du Brabant wallon. C’était à l’occasion des rencontres de restitution et de capitalisation des Jeicom 21 et il était question de «partager les résultats si nombreux des Jeicom 21 », a-t-il ajouté.
La rencontre de Yaoundé et ses suites ont bien montré la volonté de la Belgique de se rapprocher des municipalités camerounaises. Les Jeicom 21 ont donné une nouvelle impulsion à la coopération entre les deux pays, pense Daniel Evina Abe’e, l’ambassadeur du Cameroun en Belgique. «Le Cameroun est une véritable terre d’opportunités et le royaume de Belgique a bien reçu ce message », a-t-il dit. Augustin Tamba, le président des Cvuc, lui aussi considère les Jeicom 21 comme une borne importante : « Ce mouvement est né à partir des Jeicom 21 qui vont se prolonger en 2023. Il s’agit d’un moment exceptionnel d’amitié entre le Cameroun et la Belgique ». Il a surtout tenu à préciser l’état d’esprit dans lequel se trouvait la délégation camerounaise : « Nous voulons être concrets, nous voulons être pragmatiques. Nous ne sommes pas venus en Belgique en balade de santé ».
Ce pragmatisme passe par des accords concrets et rapides entre les communes du Cameroun et celles de Belgique. Le président des Cvuc espère que le parc des engins déclassés en Brabant wallon pourra bientôt servir à l’entretien des pistes au Cameroun. A côté de la diplomatie des Etats entre le Cameroun et la Belgique, Augustin Tamba veut voir prospérer la diplomatie des territoires qui est bien lancée entre les deux pays. L’une des preuves de celle-ci est la signature, le 21 avril 2022, d’une convention entre les Cvuc et la Société wallonne des eaux. Elle est relative à l’assainissement des eaux usées, à la protection des captages d’eau potabilisable et au suivi de la directive nitrates. Elle rentre surtout en droite ligne de la volonté du gouvernement et des élus locaux d’assurer un meilleur accès à l’eau potable aux Camerounais.
Pour aller plus loin, les rencontres de restitution des Jeicom 21 ont été ponctuées par un partage d’expériences entre les maires du Cameroun et des bourgmestres et entreprises de Belgique. Côté Cameroun, Anicet Akoa, le maire de la commune de Ngoulemakong, Ousmaïla Mohamadou, le maire de la ville de Garoua et Patricia Ndam Njoya, la maire de Foumban, ont présenté les spécificités, les potentialités et les besoins particuliers de leurs communes.
Des échanges ont ensuite eu lieu entre les maires camerounais et les représentants d’entreprises belges qui proposent des services qui pourraient intéresser les municipalités camerounaises. Le séjour des maires camerounais en Wallonie les a également conduits à la faculté agronomique de Gembloux, qui appartient à l’université de Liège et qui est ouverte à des partenariats avec le Cameroun.
Jules Romuald Nkonlak, en Brabant wallon
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