Congo Brazza: 17 candidats dont le président sortant Sasou Nguesso candidats à l'élection présidentielle

Dix-sept candidats, pas moins, dont l??actuel chef d??Etat, Denis Sassou Nguesso, sont sur la ligne de départ pour l??élection présidentielle du 12 juillet prochain. Si dans la forme les candidatures restent à valider par la Cour constitutionnelle, le nombre de postulants à la magistrature suprême du Congo peut apparaître excessif pour un pays d??environ quatre millions

d??habitants seulement dont à peine un quart est véritablement inscrit sur les listes électorales. Pour autant, le challenge n??en demeure pas moins grand pour Denis Sassou Nguesso qui, depuis son retour au pouvoir en octobre 1997 après deux guerres civiles particulièrement coûteuses en vies humaines, met un point d??orgue à promouvoir la fragile réconciliation nationale et à asseoir son pouvoir sur la base d??une légitimité démocratique. C??est ainsi qu??après les périodes troubles des années 1993-1994, 1997 et 1998-1999, un scrutin présidentiel a été organisé en mars 2002, scrutin à l??issue duquel Sassou Nguesso est sorti vainqueur pour un mandat de sept ans, avec un score de 89,5% des suffrages exprimés. Bien entendu les autres formations politiques avaient dénoncé des fraudes et de nombreuses irrégularités. Mais l??essentiel était sauf. Pour le scrutin du 12 juillet prochain, les observateurs estiment qu??outre celle du chef de l??Etat sortant, les autres candidatures les plus en vue sont celles de Mathias Dzon de l??Alliance pour la République et la Démocratie (ARD), Ange Edouard Poungui de l??Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) et de Guy-Romain Kimfoussia de l??Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda), également président du Front uni des partis de l??opposition (FUPO), rassemblant les principales formations de l??opposition. Trois de ces dix-sept candidats enregistrés ont pris part au scrutin de 2002 : Denis Sassou Nguesso, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou et Bonaventure Mizidy , les deux derniers sous l??étiquette de candidats indépendants. A l??analyse de l??appartenance politique des différents candidats, on se rend compte qu??environ une bonne dizaine se présente comme indépendants sans une véritable machine électorale derrière eux. Un calcul non désintéressé lorsqu??on sait que le scrutin présidentiel est à deux tours. Chaque candidat ayant ainsi l??opportunité de mesurer son poids électoral sur le terrain et de pouvoir le marchander en cas de deuxième tour entre les deux candidats qui s??affronteront lors de cette ultime phase. Cela dit le véritable challenge à relever pour ce scrutin présidentiel demeure celui de la transparence et de l??impartialité. Comme d??ailleurs dans bien des Etats non seulement en Afrique mais aussi ailleurs dans le monde. Ainsi l??élection sera organisée par la Commission d??organisation des élections (Conel) dont la neutralité est mise en cause par l??opposition. Les éléments les plus radicaux de cette opposition menacent d??ailleurs de boycotter le scrutin si le gouvernement n??accède pas à leur demande de mettre en place une commission électorale indépendante et de procéder à la refonte du fichier électoral, seule garantie selon eux de la transparence du vote. Une demande difficilement réalisable à moins d??un mois maintenant du scrutin proprement dit. Pour autant, la Conel pourrait utilement tirer des leçons des expériences passées pour se réajuster et asseoir sa crédibilité. On se souvient notamment que les législatives et locales de 2007 et locales de 2008 , organisées par cette structure, avaient été marquées de dysfonctionnements dénoncés à l??époque par les observateurs de l??Union africaine (UA). Dont acte.
WAFFO MONGO, Cameroun Tribune

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