Commerce illicite du cacao au Cameroun: la nouvelle mesure du préfet divise

Chamberlin Ntou’ou Ndong. Préfet de la Meme

Le commerce illicite du cacao entre le Cameroun et le Nigeria continue de priver l’État de milliards de FCFA en taxes et revenus. Face à cette situation, le préfet du département de la Meme a pris une décision controversée:imposer une escorte militaire aux camions transportant le cacao entre Kumba et Mamfe. Si cette mesure vise à contrer le financement des séparatistes, elle suscite de vives critiques chez les acteurs de la filière.

Des attaques répétées des séparatistes Le préfet justifie sa décision par les nombreuses attaques des combattants ambazoniens contre les véhicules transportant le cacao. Selon lui, cela leur permet de collecter des fonds pour financer leurs activités. D’où l’interdiction faite aux camions de circuler sans escorte militaire sur la route entre Kumba et Mamfe.

Des doutes sur les motivations réelles Certains observateurs craignent que cette mesure serve en réalité à légitimer indirectement la contrebande. Des soupçons de complicité pèsent sur des autorités locales qui faciliteraient ce trafic avec des réseaux criminels.

La crainte des transporteurs et négociants Les chauffeurs et négociants déplorent cette décision qui les mettrait encore plus en difficulté face aux séparatistes. Rouler sous escorte militaire les transformerait en cibles prioritaires des combattants ambazoniens.

D’énormes pertes économiques On estime entre 60 000 et 90 000 tonnes le cacao exporté illégalement chaque année vers le Nigeria. Soit des pertes de plus de 140 milliards FCFA pour l’État camerounais. La filière dans son ensemble est durement impactée.

Bien que nécessaire, la lutte contre la contrebande du cacao doit se faire sans pénaliser les acteurs légitimes de la filière déjà fragilisée. Seule une stratégie globale impliquant toutes les parties prenantes permettra de juguler ce fléau.

Jean-Pierre Essono, 237online.com

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