Le sommet de Bangui a adopté des mesures fortes qui redonnent espoir et confiance en l??avenir. La CEMAC a présenté un temps des signes de ce qui s??apparentait à une fâcheuse léthargie. L??organisation se caractérisait par de généreuses déclarations d??intentions à l??issue de sommets annuels dont la régularité était devenue incertaine au fil du temps. Quant aux résultats, à la matérialisation des décisions arrêtées pourtant de manière consensuelle, il ne fallait surtout pas compter dessus. La récente rencontre des chefs d??Etat à Bangui a sonné comme un réveil de la CEMAC, suscitant à nouveau de l??espoir. C??est que, sur les principaux dossiers source
de blocages et de paralysie de l??organisation de longue date, les chefs d??Etat réunis dans la capitale centrafricaine ont pris des décisions qui feront date. Celles-ci devraient, en tout cas, permettre à la CEMAC de se relancer sur l??imposant chantier des réformes engagé ces cinq dernières années en vue de garantir une intégration croissante de la sous-région. Ce qui n??est pas seulement l??affaire des seuls fonctionnaires et gouvernements, mais davantage celle des peuples. Ainsi de ce passeport CEMAC qui revenait dans les discussions depuis quelque temps déjà, sans devenir réalité jusqu??ici. Les décisions de Bangui semblent indiquer que les choses sont définitivement enclenchées pour que ce dossier connaisse enfin le dénuement tant attendu. Dans la perspective d??une meilleure circulation des hommes et des biens à l??intérieur de l??espace communautaire. Ce qui marquerait des progrès significatifs par rapport aux objectifs de départ. Il en est de même de la compagnie aérienne communautaire, Air CEMAC, dont les principaux actes fondateurs sont déjà effectifs : South Africa Airways en est le partenaire technique, Brazzaville étant le siège de la future compagnie. Là également, on a avancé sensiblement. Que dire alors de la BEAC au centre de remous considérables ces derniers temps du fait de malversations présumées ? Les chefs d??Etat ont fait le ménage comme il fallait s??y attendre. Le gouverneur Philibert Andzembe et un de ses lieutenants, Rigobert Roger Andely ont été virés. Georges Dologuele, jusqu??alors président de la BDEAC a également perdu son fauteuil. Au profit du Gabonais Michael Adande. Et dans la foulée, le consensus de Fort-Lamy a vécu. Ce qui fait que les rênes de la BEAC qui étaient depuis toujours l??exclusivité du Gabon viennent d??être confiées à l??Equato-guinéen Lucas Abaga Nchama. L??avènement à la tête de l??institut d??émission de celui qui y exerçait jusque là comme directeur général en charge de l??exploitation inaugure l??ère de la rotation à ce prestigieux poste. Cela étant, de nombreux chantiers restent ouverts pour la CEMAC. Des chantiers qui représentent autant de défis pour une organisation soucieuse de rattraper le temps perdu. A commencer par la matérialisation des importantes décisions prises à Bangui : le passeport CEMAC, l??envol des premiers avions d??Air CEMAC notamment. Le chemin reste donc bien long pour que le rêve d??une Afrique centrale unie, soudée et prospère devienne réalité.
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