Catastrophe organisationnelle : Le Cameroun trahit l’athlétisme africain

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Le Cameroun, jadis fierté sportive de l’Afrique, semble aujourd’hui incapable d’organiser un simple championnat sans encombre. Les 23e Championnats d’Afrique d’athlétisme à Douala ont mis en lumière les failles béantes d’un système à la dérive. Une situation qui soulève des questions brûlantes sur l’avenir du sport camerounais et sa crédibilité sur la scène internationale.

Douala 2024 : Chronique d’un désastre annoncé

Le 21 juin 2024 restera gravé dans les mémoires comme le jour où le Cameroun a touché le fond en matière d’organisation sportive. Comme le rapporte 237online.com, la cérémonie d’ouverture des championnats a débuté avec trois heures de retard, symbole criant du chaos qui a régné tout au long de la journée.

Liste des principaux ratés :

  • Pannes techniques en cascade
  • Retards systématiques
  • Embouteillages monstres bloquant les athlètes
  • Déprogrammation d’épreuves

« C’était un véritable cauchemar », confie Louis François Mendy, sprinter sénégalais. « On aurait dit que personne n’avait prévu notre venue. C’est un manque de respect pour les athlètes et pour le sport africain. »

Le fantôme de la CAN 2022 : L’histoire bégaie-t-elle ?

Ce fiasco n’est malheureusement pas un cas isolé. Il rappelle cruellement les déboires de la CAN 2022, également organisée au Cameroun. Comment un pays ayant déjà connu de tels problèmes n’a-t-il pas su en tirer les leçons ?

« C’est comme si on vivait dans une boucle temporelle », déplore TADJUKA FONTSOP Franck Xavier, champion d’Afrique de Sambo. « On reproduit les mêmes erreurs, c’est un suicide sportif pour notre pays. »

L’incompétence organisationnelle : Une maladie camerounaise ?

Ces échecs à répétition soulèvent une question cruciale : le Cameroun souffre-t-il d’une incapacité chronique à organiser des événements d’envergure ? Ou s’agit-il d’un manque flagrant de volonté politique ?

Pour Dr. Joseph Fabo, sociologue du sport interrogé par 237online.com, le problème est systémique : « Il y a un vrai déficit de compétences dans l’organisation d’événements sportifs au Cameroun. On privilégie trop souvent le copinage plutôt que l’expertise. C’est tout un système qu’il faut repenser. »

Les athlètes, victimes collatérales d’un système défaillant

Au-delà de l’image du pays, ce sont les sportifs qui paient le prix fort de cette désorganisation. Pour beaucoup, ces championnats représentaient la dernière chance de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

« C’est un crève-cœur de voir des années de sacrifices réduites à néant à cause de problèmes logistiques », se désole Marie-Josée Ta Lou, sprinteuse ivoirienne. « L’Afrique mérite mieux que ça. »

Quelle solution pour sauver le sport camerounais ?

Face à ce constat alarmant, quelles pistes envisager pour redorer le blason du Cameroun sur la scène sportive internationale ?

  1. Formation intensive des cadres sportifs
  2. Investissement massif dans les infrastructures
  3. Planification rigoureuse et anticipée des événements
  4. Collaboration étroite avec des experts internationaux

« Il faut une révolution à tous les niveaux », martèle Roger Milla, légende du football camerounais. « Sans quoi, nous risquons de perdre définitivement notre place dans le concert des nations sportives. »

Le Cameroun est à la croisée des chemins. Saura-t-il se relever de ces humiliations à répétition pour redevenir le pays du sport roi qu’il a jadis été ? Ou assistons-nous à la fin d’une ère glorieuse, engloutie par l’incompétence et le laisser-aller ?

Le débat est lancé, et l’avenir du sport camerounais en dépend. Il est grand temps que les autorités prennent conscience de l’urgence de la situation. Car comme le dit si bien un proverbe camerounais : « Quand le léopard perd ses taches, il perd son identité. » Le Cameroun sportif est-il en train de perdre la sienne ?

Par Claude Atangana pour 237online.com

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