Canada-Cameroun: O Blaise K, Tanonkou ! Si haut si vite tu t’es perché, et si tôt sans bruit tu t’es retiré





Atterré par ton départ soudain, j’ai d’abord laissé écouler des jours dans l’espoir de mieux comprendre la situation, et puis n’y pigeant toujours rien, j’ai laissé s’écouler des semaines qui sont restées hélas stériles comme la mule.[pagebreak]Oui, de tout ce que j’ai appris après toi, je n’ai rien eu qui freine les violents torrents de questions qui me subjuguent ou éteigne de mon cœur l’ardeur de la douleur. Mais j’ai compris l’irréversibilité de la situation et me suis résolu à te dire ces quelques mots.
Mon cher Blaise Tanonkou, comme Norbert Zongo ou Pius Njawé et bien d’autres grands Africains patriotes, tu t’es montré assez courageux dans ta tâche d’informateur au moment où des medium puissants tentent d’ensevelir le monde entier sous les mensonges.
Compatriote africain, tu as fait ton devoir de façon sublime. Tu as mis la barre très haute avant de te mettre à l’ombre ; et malheur à quiconque la baisse au lieu de la pousser chaque jour toujours plus haut.

Blaise, tu as vu et su où se trouve ton Afrique, tu as compris ce que veut et peut ton Afrique et as donné, tel un grand soldat au front, le meilleur de toi-même pour lui garantir des jours meilleurs, pour rendre son sale et sombre front plus propre et luisant à l’avenir.
Mais comment oublier, cher compatriote africain, que tu as souvent sacrifié ton précieux temps, ta vie privée et celle de ta famille sur ce front, parmi les railleries, les humiliations, les injures fétides et les nombreuses ingratitudes venant de certains de tes propres frères et sœurs africains ? Qu’importe !

La veuve et les enfants que tu laisses ne doivent pas se sentir seuls. Ils ont eu pour époux et père un grand patriote africain visionnaire, et tout cri de détresse venant d’eux trouvera toujours ouvertes les oreilles de ceux qui connaissent et respectent ton travail et louent ta bravoure et ton héroïsme.
D’une longue méditation sortant, j’ai eu pour seule grande certitude du monde que la mort est une petite hache invisible à la lame de laquelle n’échappent ni le roseau ni le baobab, ni le grain germant du matin ni le tronc adulte.
O Blaise K. Tanonkou ! Si haut si vite tu t’es perché, et si tôt sans bruit tu t’es retiré. Le vide que tu laisses est considérable.

Correspondance : Léon Tuam

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