CAN Gabon 2017: Victoire des Lions, de la Fecafoot, du MINSEP… le paradoxe du mérite – 237online.com
Sport

CAN Gabon 2017: Victoire des Lions, de la Fecafoot, du MINSEP… le paradoxe du mérite

Qui a gagné ? Le Cameroun bien sûr. Bravo ! Allez les Lions ! Allez les Lions ! Et c’est l’euphorie générale. Des accidents et même des morts au pays, en s’en fout, on a gagné notre 5e trophée de la CAN.
Au coup de sifflet final de l’arbitre zambien, c’est tout le Cameroun qui a bougé. Oui, bravo les Lions qui ont fait vibrer tout un peuple très longtemps déçu par les échecs lamentables de leur dream team masculine, et qui ont donné l’occasion aux uns et aux autres de lancer les slogans habituels : « le Cameroun c’est le Cameroun », « impossible n’est pas camerounais », et puis quoi encore…
Pour tous les adeptes de ces slogans opportunistes, mon cher ami, feu Noé NDJEBET MASSOUSSI aurait tout simplement lancé : « TROP FACILE ».
En effet, il est trop facile de récupérer une victoire finale alors que personne n’aurait parié le moindre sou sur cette équipe remaniée involontairement à 50% à quelques jours du coup d’envoi de la CAN 2017, et même après le score de parité 1-1 face aux Etalons du Burkina Faso.
Ce n’est qu’après la révolte devant la Guinée Bissau, battue 2-1, que d’aucuns ont commencé à faire des calculs pour le second tour, avec l’appréhension du 3e match contre le Gabon, pays organisateur. Et même qualifiés pour le second tour, les Lions Indomptables n’ont pas bénéficié de l’unanimité des pronostics, ni devant le Sénégal en 8e de finale, ni devant le Ghana en demi-finale, encore moins avant la finale devant une équipe d’Egypte qu’on savait très technique et expérimentée.
A dire vrai, ce que nous avons vu au Gabon pendant 23 jours, des Lions Indomptables, pratiquement inconnus au registre, abordant crânement  les matches et les gagnant au fil des étapes, n’est que le résultat de la foi, de l’engagement total, de la détermination, de la grande solidarité entre ces jeunes qui en voulaient, et qui ont réussi à prouver leur valeur. N’oublions pas le fighting spirit qui nous caractérise tant. Ce qui a poussé certains observateurs à clamer à tort ou à raison, qu’une équipe des Lions était enfin née. Trop superficiel.
A dire vrai, même si l’on ne va pas en guerre pour perdre, ces jeunes footballeurs qui ont pleinement mouillé le maillot jusqu’en finale, de même que leur staff, n’y croyaient pas avant le coup d’envoi, au moment où ils revendiquaient leurs primes de participation pour lesquelles les dirigeants prennent toujours un malin plaisir à retarder le versement. Comme pour protester dans leur for intérieur du fait que l’on puisse gagner autant de millions en quelques jours, rien qu’à taper dans un ballon. Malheureusement pour eux, il n’y a pas de sot métier, et il faut qu’ils l’assimilent enfin.
En fait, c’est au fil des matches que les Lions eux-mêmes ont commencé à voir le bout du tunnel. Et l’appétit venant en mangeant, ils sont allés jusqu’au bout, surprenant des équipes d’expérience telles le Sénégal, le Ghana et l’Egypte, pour la victoire finale.
A dire vrai, nos dirigeants du sport et même les hautes autorités de note beau pays n’y croyaient pas, au vu des derniers résultats enregistrés par cette sélection depuis 2010, et surtout depuis des débuts mitigés dans les éliminatoires de la Coupe du monde Russie 2018, avec un Hugo Broos jonglant les effectifs à sa guise.
D’ailleurs, la promesse d’étudier la doléance des joueurs pour la revalorisation de leurs primes de qualification pour les demi-finales, a vite été mise dans les tiroirs après que le Chef d’Etat ait envoyé une enveloppe exceptionnelle de 100 millions avant la finale.
Dans tous les cas, quels que soit les moyens et la manière utilisés par les Lions pour réussir le parcours de combattant, c’est le résultat qui compte. La victoire est là, on oublie tout le reste, et voilà l’arbre qui cache la forêt d’un football camerounais en agonie.
Les compétitions nationales n’ayant pas démarré à ce jour, ne soyons pas surpris de voir nos représentants africains sortir dès le premier tour, sans que cela ne dérange personne.

La récup en mondovision
Qui a gagné ? Le Cameroun bien sûr. Ah non, c’est la victoire de la Fecafoot et du Ministère des Sports, au vu de ce que l’on a vu en direct du stade de Libreville. Le Ministre Bidoung Mkpatt à côté du Président Ali Bongo pour la remise des médailles, et plus grave, Tombi à Roko de la Fecafoot, suivi de Pierre Batamak en tête de ligne des Lions et recevant en premier la médaille d’or de la victoire. Un scénario inédit, jamais vécu de mémoire de journaliste lors des remises de médailles dans tous les stades du monde.
Il n’y a qu’en Afrique, et surtout dans les événements de la CAF qu’une telle tolérance dans le protocole est possible, surtout lorsqu’il s’agit du Cameroun. Si pour le MINSEP, la récupération a été quelque peu timide au stade, pour les gestionnaires actuels de la Fecafoot, l’occasion était idoine, non seulement pour se faire voir, mais surtout faire croire qu’ils étaient les principaux artisans de la victoire des Lions.
Ravir la vedette aux acteurs directs que sont les joueurs, Tombi, Batamak, Moussa, se laissant porter en triomphe avant même le coach, était quelque chose d’indécent. Malheureusement, au Cameroun, le ridicule a été banalisé. Une médaille de la CAF dans une vitrine du salon, ce sera toujours un souvenir inoubliable d’un mandat usurpé, et une sorte de revanche sur le MINSEP qui était en première ligne lors de la CAN 2016.
Que dire du coach Hugo Broos qualifié aujourd’hui de tous les superlatifs, alors qu’avant la CAN, certains demandaient déjà son limogeage. Eh oui, c’est ça l’opinion publique, très changeante au gré des événements.
Après avoir déclaré deux jours avant le coup d’envoi que le football c’est la loterie, aujourd’hui, il se gargarise de la victoire finale,  que ses poulains sont allés chercher, malgré lui, du tréfonds de leurs tripes. C’est aussi cela la loterie. Aujourd’hui tu perds, demain, tu gagnes le jackpot. Sans commentaire, car la suite nous édifiera.
Bientôt la Coupe des Confédérations. On attendra la dernière minute pour convoquer les joueurs, sans oublier ceux qui ont mis le doigt dans la plaie de l’improvisation. Les primes ? A deux jours du départ pour la Russie. Juste pour participer ?
Le Cameroun a gagné, arrêtez vos critiques, vive le Cameroun, « les Lions sont de retour » dixit le premier sportif du pays dont le discours de félicitations a épousé l’ambiance populaire. « L’Egypte dans la sauce », faudra pas oublier de verser les droits d’auteur à l’artiste.

Atangana Fouda
Journaliste

Commenter avec facebook

Tags
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer