Cameroun – Yaoundé: Vol d’un bébé à l’Ecole de police

Le fils d’Edith Viviane Djuala a été enlevé dimanche 29 mars 2015 dernier aux environs de 18h30. La grille qui donne accès à l’Ecole de police de Yaoundé, comme à l’accoutumée, est grand ouverte, ce lundi 30 mars 2015. La longue allée qui conduit au centre de santé de cette école qui forme les forces de l’ordre du Cameroun grouille de personnes aux diverses casquettes: des vendeurs ambulants, des passants et certains venus rendre visite à un proche.
C’est dans ce contexte que le fils d’Edith Viviane Djuala a été volé, dimanche, 29 mars 2015. Arrivée dans ce centre hospitalier dans la nuit de samedi à dimanche à 1h du matin, elle va donner naissance à un garçon à 10h45. Après la délivrance, elle va sombrer dans les bras de Morphée jusqu’à ce que la sonnerie de son téléphone retentisse. C’est sa mère au bout du fil, depuis la ville de Nkongsamba, dans la région du Littoral qui tient à la féliciter pour la naissance du bébé. Il est 18h30, lorsqu’elle raccroche le téléphone. Son premier geste est alors de toucher son bébé qui dormait derrière elle. Grande sera sa surprise lorsqu’elle ne va sentir la couverture et la serviette avec lesquelles elle a recouvert le bébé quelques heures plutôt. Les cris et les pleurs de la dame vont alors alerter le personnel soignant et les autres patients internés qui vont tous converger vers la salle de Mme Djuala, enseignante à l’école publique de Mballa 4, groupe I.
Une enquête va tout de suite être ouverte. Les trois dames qui partagent la chambre de la victime sont entendues. «La femme qui occupe le lit derrière celui de ma sœur a dit avoir aperçu une femme voilée à sa hauteur, lorsqu’il était un peu plus de 15h», rapporte une sœur de Mme Djuala. Depuis hier matin, la victime a été isolée dans une chambre dans le bâtiment administratif. Impossible pour les membres de la famille de la voir «nous communiquons par téléphone», indique un proche. Joint au téléphone, Mme Djuala explique «de temps à autre, on vient me poser des questions. Jusqu’ici on ne m’a pas dit quand je vais pouvoir sortir. Ils ont cependant précisé qu’on m’a isolé pour éviter l’attroupement autour de moi après le choc que je viens de subir.»

Note
En attendant, ses proches campent sur les lieux. Assise sur le gazon qui entoure, la maternité du centre hospitalier, hier aux environs de 12h, une dizaine de femmes, la mine renfrognée, se concertent. Une des dames, le ventre arrondi par les mois de grossesse, somnole, adossée sur des sapins. Les autres femmes l’exhortent d’aller se reposer à la maison. Une invitation que la dame va décliner «je rentre alors que je n’ai aucune nouvelle?», interroge-t-elle.
L’information est le sujet de conversation du jour. Les femmes enceintes venues se faire consulter essayent de reconstituer les faits à leur manière, en attendant de pouvoir passer devant le médecin. «Certainement, le voleur a dissimulé l’enfant dans un panier, ou alors un sac», peut-on entendre ici et là. La salle, dont la porte indique «Bureau de l’infirmier chef», est le lieu du crime. Le premier lit à droite qu’occupait il y a quelques heures Mme Djuala est vide. Seul un sac à main de couleur noire, est posé au coin de celui-ci. Sur une table accoudée à la couchette, sont posés, des serviettes, une couverture, du papier et des serviettes hygiéniques, un pagne et un thermomètre. Il s’agit des effets de la jeune maman. L’atmosphère est électrique dans les lieux. Une infirmière va d’ailleurs faire les frais de cette situation. Elle va être prise en grippe par sa supérieure alors qu’elle achetait un vêtement chez un marchand ambulant, venu dans son bureau. «C’est ainsi que vous faites entrer des inconnus ici», va hurler l’agent de police contre l’infirmière.
Loin de ses récriminations, les proches de Mme Djuala espèrent qu’elle pourra «rentrer à la maison pour se reposer. Il n’y a aucune sécurité dans ces lieux. On entre sans se faire identifier. Depuis que je fais les tours ici, personne ne m’a identifiée ni interpellée», regrette la sœur de la victime. Il faut préciser que Mme Djuala en est à son troisième accouchement dans ce centre de santé. Les responsables du centre, n’ont pas tenu à s’exprimer, toutefois, une source indique que le délégué général à la Sûreté nationale (Dgsn), Martin Mbarga Nguélé a commis une note dans laquelle il intime l’ordre au personnel de retrouver le bébé de la dame dans les plus brefs délais. D’ailleurs selon une source, le conjoint de la victime, Vincent Kamgang a été entendu par le Dgsn, puis à la Direction régionale de la police judiciaire.

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