Cameroun – Yaoundé: La résidence des Biya bientôt habitée :: Cameroon

Des travaux s’accélèrent, des visites de personnalités se multiplient.
Malgré les efforts de discrétion de ses illustres propriétaires, on ne voit qu’elle au lieu-dit Rond-point Bastos Yaoundé.[pagebreak] Du moins ce dimanche 09 mars 2014, il était difficile de louper cette somptueuse bâtisse, dont l’interminable mur d’enceinte était encore éclairé, à 10h passées et sous un soleil aveuglant. Difficile aussi de ne pas remarquer la grue hérissée sur un camion ou le générateur qui occupe la plate-forme d’un autre camion; Ces engins stationnés dans l’arrière de la maison intriguent les centaines de sportifs qui aiment faire leur jogging dans ses parages. Mais l’étonnement des adeptes de golf dont une partie du parcours est à quelques dizaines de mètres de la clôture de la maison du couple Biya est sincère «Pourquoi c’est maintenant qu’on plante des fleurs et qu’il y a Une telle activité dans cette villa qui se construit depuis près de 10 ans? Pourquoi la Première Dame vient-elle aussi souvent? Pourquoi les intendants du palais présidentiel sont-ils aussi fréquents ici? Et pourquoi le délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna en personne semble superviser les travaux? interrogent-ils.

L’architecte du palais de l’unité
La résidence présidentielle ne se soucie pas de faire des réponses à ces questions. On peut juste admirer la pureté des lignes de son architecture. Encore un chef d’œuvre de Clément Cadiub, l’architecte qui a dessiné le palais présidentiel d’Etoudi. L’ouvrage est un compromis entre les styles grec et arabe. L’effet est des plus exquis. Le bâtiment parait solide, confortable, rassurant et sobre sans être spécialement luxueux. On peut aisément deviner qu’il n’a pas coûté une peccadille. Les voisins non plus ne sont pas les premiers venus: ambassade des Usa, ministres Okouda, Shey Jones, Melingui et autres milliardaires dont Tagne, propriétaire des supermarchés Dovv… Le gros-œuvre semble achevé. A l’abord, la maison parait habitable. On peut apercevoir à travers la grille de l’entrée principale un somptueux jardinet planté devant le perron. La vaste cour est pavée.

Sécurité renforcée
Les travaux en effet se sont considérablement accélérés ces derniers temps ici. Ils ont débordé au-delà du mur, pour se poursuivre en bordure de route. Des mottes d’un terreau dont on nous a dit qu’il a été ramassé sur les flancs du Mont Fébé voisin, sont déversées, à même le mur graveleux. Cette terre réputée fertile a été étalée en partie du mur d’enceinte jusqu’au bord de la route. Des jardiniers s’y activent. On peut voir des bâches qu’ils ont plantées à ras du sol pour protéger les jeunes plants qu’ils viennent de mettre en terre. Ce jardinet trottoir est, on s’en doute une précaution sécuritaire de plus. Il va s’agir d’éloigner les intrus des murs d’enceinte et on peut imaginer qu’il sera interdit de marcher sur les parterres.

Mémorandum et danse funéraire
La sécurité semble être ici une préoccupation majeure. La maison est inaccessible par ses façades nord et ouest, qui étaient un marécage asséché par les soins des lustres propriétaires. Mais, à cette protection naturelle, il faut ajouter celle supplémentaire des murs hauts par endroit de six mètres des militaires qui montent une garde discrète. Cette frénésie au tour de la maison des Biya alimente du coup des spéculations dans les salons de Yaoundé quant à la fonction qu’on va lui donner. Va-t-elle servir de résidence secondaire à la Première Dame? De résidence officielle au Président du Sénat? Ou au Vice-président de la République?

La villa présidentielle est bâtie sur un site connu sous le nom de Ntougou. Les familles Effa Essono du clan Tsinga de l’ethnie, Mvog-Betsi en étaient les premiers propriétaires. L’Etat avait confisqué ce terrain pour y bâtir le musée national. Mais, en 1991 le Chef de l’Etat aurait décidé que le projet ne se ferait pas et que la terre soit rendue aux propriétaires initiaux. Un mécanisme de partage fut imaginé par le Ministre en charge de l’Urbanisme de l’époque. La Maeteur conduisait l’opération: Les familles se disent aujourd’hui spoliées par la Maetur. Sur les 29ha 69a et 28 ca de terrain, elles n’auraient eu que 14 ha 802. Pis, elles affirment que la vente des 2 ha 25 de la propriété présidentielle, aurait rapporté 507 960 000 FCFA à la Maetur Tandis que, elles, n’ont perçu de la Maetur que 124 954 44 FCFA pour la revente de près de 12 ha.

Après de multiples plaintes, elles ont adressé un mémorandum le 11 septembre 2013 au Président de la République. Jean Claude Essomba, leur porte-parole s’est confié à notre confrère Repères le 02 octobre 2013. Il promet que ses frères et lui vont exécuteur une danse funéraire «Essani» devant l’ambassade des Usa à Yaoundé. «Nous considérons que c’est une seconde mort de nos ancêtres qui nous ont laissé cette terre en héritage… nous allons danser avec un cercueil notre danse funéraire», menace-t-il.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *