Cameroun – Visite de Michelle Bachelet: L’opposition charge le régime de Paul Biya et demande des sanctions de l’ONU

Au cours de la rencontre tenue avec Michelle Bachelet, les leaders de l’opposition ont exposé leurs griefs à l’endroit du pouvoir de Yaoundé.

Avant la fin de son séjour en terre camerounaise, Michelle Bachelet a eu une rencontre le samedi 4 mai 2019 à Yaoundé, avec les leaders de l’opposition, les acteurs de la société civile et les représentants du pouvoir de Yaoundé et ses alliés. A l’attention du Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, les leaders de l’opposition ont égrainé un chapelet de récriminations contre le régime de Paul Biya.

«Les uns et les autres, ont pris la parole pour dire comment les partis politiques, surtout ceux de l’opposition, ressentent et vivent la situation sociopolitique au Cameroun. Elle a été attentive. Beaucoup ont remis des documents qu’elle pourra lire dans la sérénité», a indiqué Me Emmanuel Simh, représentant du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) au sortir des échanges.

De son côté, le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, Cabral Libii, n’a pas manqué de «présenter les insuffisances d’ELECAM (organe électoral) qui est géré par des fonctionnaires. Je n’ai pas aussi manqué de lui dire le scandale dont je fais l’objet à titre personnel, notamment la fameuse suspension de toutes activités politiques», a ajouté le Coordonnateur national du Mouvement Onze Millions de Citoyens.

La présidente du CPP (Cameroon People’s Party) pour sa part, est revenue sur l’insécurité qui règne dans plusieurs régions du pays. «Sept région sur dix au Cameroun aujourd’hui, sont en situation de conflit. Plus de 2000 morts à l’Extrême-Nord, plus de 1850 morts dans les 20 derniers mois dans les zones anglophones, 700 000 déplacés internes selon International Crisis Group et 2,5 millions d’enfants dont la scolarité a été mise en péril», s’indigne Edith Kahbang Walla.

Face à cette situation, dans sanctions sont exigées contre des membres du gouvernement. «Nous avons demandé que des sanctions individuelles soient prises à l’encontre des membres du gouvernement responsables de cette situation. Ça veut dire interdiction de voyager, gel de notre argent qu’ils ont volé et qu’ils ont mis à l’étranger, interpellation de ces personnes», propose Kah Walla.

Tout en soulignant que la situation à la crise doit être trouvée en interne, le représentant du MRC a invité Michelle Bachelet à «faire une recommandation au Président de la République dans le sens de la libération toutes les personnes été arrêtées dans le cadre de l’exercice d’une activité politique et qui n’ont commis aucun crime», a dit Me Simh.

Ramant à contre-courant de ces déclarations, le représentant du parti au pouvoir a rappelé les mesures prises par le gouvernement depuis le déclenchement de la crise anglophone. «Nous avons apporté notre petite proposition tout en faisant comprendre à Madame le Haut-Commissaire que le Président de la République a pris toutes les dispositions et continue d’en prendre pour que la paix et la sécurité règnent sur toute l’étendue du territoire camerounais» a fait savoir Isaac Djiemoun Mama, représentant du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais).

A l’issue de sa visite au Cameroun, Michelle Bachelet va se faire sa propre idée de la situation des droits de l’Homme dans notre pays, dans un contexte marqué par la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ainsi que des tensions sur le plan politique. Son rapport y relatif est très attendu.

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