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Politique

Cameroun – Vent contraire: Lettre ouverte à l’Elite du Mfoundi

L’ancien président de la section Ojrdpc du Mfoundi VI, ex-Receveur municipal de la Mairie de Yaoundé II monte au créneau suite à la grande rencontre du Cercle municipal du 18 octobre 2016.
Fraternellement j’adresse mes salutations à l’ensemble des autochtones du Mfoundi réunis hier, le 18 octobre 2016, au cercle municipal de Yaoundé à l’effet de statuer sur le «mémorandum du Mfoundi» dont le patriarche Onambélé Zibi Emile en serait le rédacteur et à l’immense majorité qui n’a pas le privilège d’être parmi «l’élite» et qui sont autant autochtones du Mfoundi. 237online.com «L’élite» qui prétend avoir seule la légitimité nécessaire pour parler au nom des familles du Mfoundi était-elle sur son bon droit, a-t-elle l’assentiment du Mfoundi profond, était-ce de l’agitation ou alors une action digne d’intérêt tant sur le plan de la forme que du fond ?

Sur la forme
Le Mfoundi comprend 44 familles établies sur l’ensemble des 7 arrondissements. Chaque famille ne pouvant parler qu’à son nom, il me semble qu’il soit incohérent qu’on parle au nom d’une entité dont on n’est pas membre dans nos uses et coutumes. Nous disons qu’un coq ne chante pas en dehors de sa cour. Il était donc par conséquent nécessaire que effectivement toutes les familles soient représentées et chacun parlant au nom de la sienne. Soit 44 représentants des familles et non muer une concertation fraternelle en meeting où la représentativité n’est pas de mise.

De «la sanction» infligée au patriarche Onambélé Zibi Emile
Une attitude responsable dans la tenue d’une palabre qui pourrait aboutir à une telle décision exige que la personne incriminée soit présente pour qu’elle puisse elle-même donner son argumentaire ou se justifier ; s’il le souhaite. Sur la base d’éléments probants. Le conseil de notables se réunit en secret (Esok) et le président de séance prononce la sentence après avis des notables. Les fils du Mfoundi demeurent des frères. Etait-il normal de débattre des questions qui concernent notre village en mondovision ? Nous disons chez nous (mam me dzal me sikik mam beyeng) les problèmes du village ne se débattent pas en présence des étrangers. Le rédacteur du «mémorandum» objet du meeting du 18 octobre 2016 clame qu’il détient encore par devers lui le vrai mémorandum qui attend son destinataire en la personne du chef de l’Etat son excellence Paul Biya. Et que la version parue dans les médias n’est pas de lui. D’où sort-il qu’un département «Elites» se mobilisent pour ergoter sur les commentaires ? Chaque Camerounais est fondé pour écrire au chef de l’Etat Président de la République, garant des institutions s’il en exprime la volonté. Comment les personnes qui ne sont pas des destinataires d’une missive peuvent autant s’en offusquer ?

Sur le fond
Les problèmes soulevés par ce «mémorandum» sont-ils fondés ?
Sur les terres arrachées aux autochtones du Mfoundi sans compensations. Nul n’est besoin d’en faire un sujet de discussion tant il est vrai que cette injustice criarde est visible : base aérienne 101 ; zone Magzi Nsam tropicana ; quartier général de l’armée nationale ; Assemblée nationale ; Centre administratif ; Palais de l’Unité ; Stade omnisport de Mfandena ; Hôpital général ; Mont fébé… N’est-il pas frustrant de constater que les ressortissants d’une région soient admis dans une institution universitaire à près de 95% pour des raisons du droit du sol ? Alors que les populations autochtones du Mfoundi n’ont jamais fait l’objet d’un traitement de faveur parce que la majorité des écoles supérieures se retrouvent dans leurs villages. Est-il vrai que les populations autochtones du Mfoundi sont mal parties pour l’avenir si rien n’est fait pour solutionner leurs problèmes ? Nous répondons par l’affirmative. Si les personnes qui pensent aujourd’hui qu’elles sont seules légitimes pour parler au nom du Mfoundi auraient travaillé pour le bonheur de la fratrie, les revendications telles que celles objet du vrai ou faux «mémorandum» n’auraient fait l’objet de l’agitation actuelle. Il est anormal d’organiser un bal d’hypocrisie pour faire semblant d’ignorer les souffrances des populations du Mfoundi «d’en bas». Nous nous connaissons et savons combien l’égoïsme est le sport favori de la plupart de nos frères nantis. Un béti authentique est affable et contribue au bien être de ses frères. La majorité misérable silencieuse ne saurait être oubliée. Une attitude responsable exige de nous que nous examinons au cas par cas les problèmes soulevés par ce «mémorandum» et de nous prononcer objectivement dans le but de rendre justice à ces populations oubliées de la république. Tourner ces questions en dérision serait suicidaire.

Fait à Yaoundé, le 19/10/2016
Okeng Gabriel Anicet
Man Emveng ya Mfundi

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