Cameroun: Un préavis de grève divise les employés de Camtel

Les différentes branches des syndicats au sein de cette entreprise ne s’accordent plus sur l’ultimatum adressé à la direction générale, qui vise à apporter des réponses aux récriminations des employés avant le 22 octobre prochain.
Les amoureux du sensationnel pourraient parler de « coup de théâtre » ou de « coup de tonnerre » pour qualifier ce qui se vit actuellement entre le bureau national du Synacom (Syndicat national de la communication), sa section au sein de la Cameroon telecommunications (Camtel) et les branches des autres mouvements syndicaux qui y sont représentés. Le président de la section SynacomCamtel, Jean Manga Amougou, se désolidarise du préavis de grève émis par le président national, Pierre Louis Mouangue, « suite aux revendications des employés de Camtel », précise la correspondance. « En notre qualité de président de le section Synacom de Camtel, et au nom de tous les membres appartenant à cette section syndicale, m’est-il obligé de vous dire que notre section n’est pas solidaire démarche », écrit Jean Manga Amougou, dans une lettre destinée au président national, signée le vendredi 14 octobre dernier. Pour justifier cette posture, Jean Manga Amougou évoque deux raisons principales. D’une part, il accuse le président national de n’avoir pas consulté la section qu’il dirige « pour comprendre ensemble de la démarche à entreprendre », écrit-il. D’autre part, il accuse le président national d’ingérence. « La section dont j’ai la charge ne vous a jamais saisi pour faire état de quelque situation désespérée que ce soit pour le personnel de Camtel, ou même entre le personnel et le patronat. Nous considérons votre démarche comme une intrusion grave aux affaires de notre section, ce qui est grossièrement contraire à nos textes », précise la correspondance. Loin donc de réfuter les accusations portées par Pierre Louis Mouangue, le président de la section, Jean Manga Amougou confirme l’existence de nombreux problèmes au sein de l’entreprise. Mais c’est plutôt un problème d’approche et d’opportunité qui l’oppose à sa hiérarchie syndicale. « Nous n’avons pas encore épuisé les moyens de négociations internes et nous avons déjà eu 5 rencontres avec le patronat dont le conseiller technique et le directeur général adjoint. Pour l’instant la situation est sous contrôle car le patronat a déjà pris certains engagements. Il n’était donc pas opportun pour le bureau national ou la centrale d’intervenir », confie Jean Manga Amougou, joint au téléphone. En interrogeant quelques employés, on se rend compte que c’est un vent contraire qui souffle de ce côté. « Ces revendications sont fondées. Mais le directeur général fait fi de ça, il a préféré mettre des centaines de millions de FCFA pour sponsoriser le tour cycliste alors que ses employés souffrent. C’est inadmissible et même regrettable », fulmine un employé. Pour mieux illustrer la véracité de ses propos, notre source nous informe que c’est à cause de cette situation que le prologue du tour cycliste international Chantal Biya a été délocalisé pour la première fois cette année. Les organisateurs auraient donc eu vent d’un mouvement d’humeur qui couvait au sein des employés de Camtel pour saboter cet événement sportif qui se déroule habituellement au boulevard du 20 mai, c’est-à-dire devant les locaux de l’entreprise. Pour éviter une situation malencontreuse, le prologue a dû être délocalisé vers l’hôtel de ville. De son côté, Pierre Louis Mouangue s’est dit surpris de ce revirement, d’autant plus qu’il affirmait n’avoir pas encore reçu la correspondance dont il est le principal destinataire. « En tout état de cause, cette lettre n’engage que son auteur, car nous sommes avec les autres membres de cette section et des autres syndicats qui sont représentés à la Camtel », indique le président du Synacom. Un autre responsable syndical joint au téléphone s’est refusé à toute déclaration, préférant attendre l’issue de la rencontre prévue avec le directeur général ce matin à 11heures.

Simplice Oyono

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