Société

Cameroun : Un bon film c’est aussi un bon maquillage

Du faux sang, des fausses blessures, de fausses oreilles pour vieillir ou rajeunir un acteur, le maquillage est un artifice très utilisé dans le 7 ème art mais peu valorisé au Cameroun.

En tant que cinéphile, il vous est sûrement déjà arrivé d’être émerveillé par la performance d’une actrice, d’être saisi par l’atmosphère et l’étrangeté des personnages d’un film. Pour captiver l’attention et plonger les spectateurs dans une ambiance propre à chaque film, les scénaristes, réalisateurs ont recours à différents artifices. Le maquillage en fait partie. Au cinéma, son usage permet de transformer un comédien ou comédienne de manière à lui permettre d’interpréter différents personnages. A l’aide d’un bon maquillage, un acteur peut prendre l’apparence d’un borgne, d’un bossu, d’un beau prince, d’une vielle personne, prendra l’allure d’une jeune première, etc. « Le maquillage au cinéma n’est pas de l’esthétique », souligne d’entrée de jeu Merveille Akamba, figure de proue du maquillage à effets spéciaux au Cameroun. « Il existe certes des points communs entre la maquilleuse cinéma et l’esthéticienne qui maîtrisent toutes les deux le maquillage beauté.

L’esthéticienne travaille à embellir ses clientes et à leurs conseillers des produits cosmétiques. Elle ne fera pas de vieillissement, ni créera des postiches : barbes, nez, crânes », explique la présidente-fondatrice de l’Association des maquilleurs de cinéma au Cameroun (Asmacc). Le maquillage permet donc aux acteurs de se glisser dans la peau des personnages même lorsque l’apparence de ceux-ci est éloignée de leur physionomie. D’après les « make-up artist », au cinéma, on a recours au maquillage de beauté, naturel, de composition et à effets spéciaux. Le maquillage à effets spéciaux connaît un grand engouement.

Effets spéciaux et succès

Malheureusement au Cameroun, les maquilleurs sont peu sollicités sur les scènes de tournage. « Plusieurs producteurs et réalisateurs ne savent pas pourquoi ni comment travailler avec un professionnel du maquillage. Sur les plateaux, c’est chacun qui se débrouille pour se maquiller. Souvent, ils ne prévoient aucun budget pour ce métier. A mes débuts, j’ai bataillé ferme pour me faire payer », raconte Merveille Akamba qui a fait de la promotion du maquillage cinéma son combat. Pour cela, elle multiplie les ateliers de formations au Cameroun et en Afrique centrale, elle a lancé un festival en novembre 2018 et envisage la création d’une école de formation pour les
maquilleurs de cinéma. « Lorsqu’il est bien fait, le maquillage d’un film contribue à crédibiliser le travail d’un réalisateur », affirme Franck Thierry Lea Malle, réalisateur. Il peut même favoriser le succès d’un film ou faire exploser la carrière d’un acteur.
« Oscarisée » pour son rôle dans « La Môme », la française Marion Cotillard y apparait méconnaissable en Edith Piaf au front proéminent et ridé, les cheveux rares au devant de la tête, la peau d’une blancheur pâle. Plus près de nous, Christa Eka Assam nous a ému dans « Alma » un court-métrage sur les violences faites aux femmes où elle apparait le visage tuméfié. Le film a déjà été primé plusieurs fois. En novembre 2018, il a reçu un prix au « LFC Awards ».
Des classiques comme « Dracula », « Exorciste », « Mission Impossible », « Big Mama », «The Mask », le blockbuster « Black Panthère », etc ont ainsi marqué les esprits.
« Tous les types de films ont besoin de maquilleur qu’il soit d’époque, de guerre, un thriller ou un film de science-fiction. Le maquillage s’ajoute à au décor, aux costumes du film. Le maquilleur cinéma doit être compétent car le travail à réaliser peut demander des heures de travail en plus des recherches effectuées avant. C’est un art à part entière ».

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Elsa Kane
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