Cameroun – Transport clandestin: Les illusions de Robert Nkili

L’opération de contrôle lancée par le ministre des Transports le 11 mai dernier, dans l’optique de traquer les automobilistes véreux, a à peine tenu sur trois jours trainant avec elle de nombreux insatisfaits. Cela fait un mois jour pour jour, que le ministre des Transports (Mintrans), Robert Nkili, avait engagé en grande pompe l’opération de contrôle des transporteurs clandestins. En effet, après avoir signalé dans les médias à capitaux public que la fin de la récréation était achevée, il indiquait, pour le paraphraser, que le 11 mai 2015 était le début d’un contrôle répressif, question de mettre de l’ordre dans le secteur. La campagne nationale d’assainissement de la route, lancée pour sa énième fois, donnait l’impression d’être impitoyable à l’égard des automobilistes louches et déloyaux. Malheureusement, trois jours plus tard, l’opération tant médiatisée ne battait plus que d’une aile. Les arrêts intempestifs dans la ville, des cars de transport desservant les lignes périurbaines et rurales, se comptaient à la pelle. Aussi observions-nous, le retour des véhicules de ramassage sans un document requis.
Sans une communication préalable, ladite opération de contrôle sensée faire mouche, n’a été au bout du compte qu’un feu de paille. Du moins, la cible de cette agitation en trompe l’œil, poursuit sereinement son activité clandestine. Même la cinquantaine de véhicule saisie à l’espace de deux jours (du 11 au 12 mai 2015), et rangée à l’esplanade de la communauté urbaine de Yaoundé, n’a guère inquiété les contrevenants. Et comme si cela ne suffisait pas, gendarmes, policiers et officiers de police judiciaire qui ont été mobilisés pour la circonstance, ont déserté les trottoirs. Laissant place aux équipes de contrôles de routine. « Les opérations de ce genre ne se médiatisent pas comme ça été le cas. On descend sur le terrain et on traque les automobilistes véreux, sans forcément chercher le sensationnel », lance sous cape, un officier de police qui a pris part à la compagne. Même si au ministère des Transports cette campagne n’est plus à l’ordre du jour, les syndicalistes ne cachent pas leur aigreur. « Si lutter contre le transport clandestin consiste à nous envoyer la police et la gendarmerie, pour se lever un matin et dire traquer quelques véhicules et les mettre en fourrière, c’est qu’on est pas sorti de l’auberge », souligne Jean Collins Ndefossokeng. Le président du syndicat national des employés du secteur des transports terrestres, pour un assainissement efficient, invite dorénavant le Mintrans à tenir compte de leurs propositions. Entre autres, la délimitation de la zone de transport de tous ceux possédant une licence de transport, et l’application des sanctions telles que prévues par la loi.

[b]Luc Justin Kamguia, 237online.com[/b]

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