Cameroun – Transport aérien: Plaidoyer pour la sécurisation des aéroports

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Réuni le 30 juin à Yaoundé pour sa première session ordinaire de l’année 2015, le Comité national de sûreté de l’aviation civile (CNS) a fait plusieurs recommandations au gouvernement pour plus de sécurité dans les plateformes aéroportuaires du Cameroun.
Cela n’est un secret pour personne. Les espaces aéroportuaires du Cameroun sont devenus des zones où règne l’anarchie. Outre les constructions anarchiques érigées par les populations riveraines des aéroports, se pose aussi le problème du vandalisme. Des actes qui ont amené le Comité national de sûreté de l’aviation civile à faire des recommandations au gouvernement, en vue de combattre ces fléaux.
Au sujet de l’envahissement des domaines aéroportuaires, en dehors de la sensibilisation des usagers sur les dangers d’une telle occupation, le Comité demande de porter le problème à l’attention du chef de l’Etat. Au ministère des Transports, les membres du Comité recommandent de «saisir le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières aux fins d’annulation des titres fonciers octroyés aux privés sur les domaines aéroportuaires ».
Plus avant-gardiste, l’organe recommande une délocalisation à long terme de l’aéroport de Douala sur un autre site. En ce qui concerne les actes de vandalisme, c’est davantage la répression qui est préconisée. Mais cette fois, elle devra se faire avec une plus grande sévérité.
D’autres recommandations à l’instar de celles concernant le démantèlement des antennes dans les aéroports ne sont pas passées inaperçues. En effet, à sa session de 2010, le CNS conseillait déjà le démantèlement du pylône Digicom situé dans l’emprise de l’aéroport international de Douala.
Une recommandation restée lettre morte après l’annulation par le ministre de l’Administration territoriale en 2012 de l’arrêté du gouverneur de la région du Littoral en encourageant ledit démantèlement. Au grand dam des experts pour qui ce pylône ainsi que celui de l’aéroport de Garoua constituent « des obstacles susceptibles de perturber les communications ou d’être percutés par les aéronefs dans leurs descentes ».
Pour cette année, il sera désormais question pour la Cameroon Civil Aviation Authority (Ccaa) d’exécuter l’arrêt de la Cour suprême autorisant le démantèlement du pylône de l’aéroport de Douala, ainsi que ceux situés dans les autres aéroports du Cameroun. « Il ne s’agit pas de les démanteler entièrement, rappelle Pierre Tankam, le directeur général de l’Autorité aéronautique, il est question de les ramener à 45 mètres qui est la hauteur autorisée par les standards internationaux».
Mais le Comité national de sûreté de l’aviation civile n’a pas manqué d’évoquer les questions de sécurité auxquelles doit faire face le Cameroun. « Les menaces terroristes n’épargnent aucun État, aucun aéroport, aucune compagnie aérienne, aucune personne. Elles sont sans frontières géographiques», a rappelé le ministre des Transports, Robert Nkili, lors de son allocution d’ouverture. Ce qui appelle à une vigilance de tous les instants.
Les membres du CNS recommandent pour leur part au ministre des Transports « de faire inscrire à l’ordre du jour du prochain conseil de cabinet, l’importance et l’obligation des contrôles de sûreté dans les aéroports ». Des recommandations et bien d’autres qui selon les experts, si elles sont validées par le ministre des Transports, devraient permettre une nette amélioration de la sûreté dans les aéroports.

Georges Etémé (Stg)

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