Cameroun – stade d’Olembé: Agitation autour des indemnisations

Liasse d'argent CFA

Les riverains ont fait arrêter les travaux préliminaires. Ils réclament des compensations déjà payées en 1970.Hier, sur le site destiné à la construction du Stade d’Olembé, l’ambiance est similaire à la quiétude du désert. Tout est calme. Même le chant d’oiseau est rare. La brousse a été repoussée, la terre est fraîche. On aperçoit un vaste terrassement très récent. Un employé de la société Razel confirme que les travaux préparatoires à la construction de cette infrastructure sportive ont commencé depuis plus de deux semaines. Mais vendredi dernier, les ouvriers ont dû faire face aux populations en colère qui ont bloqué les travaux de terrassement. Samedi et lundi derniers, la tension est montée d’un cran.
François Xavier Mbeng, chef du village Olembé II affirme que l’entreprise chargée du terrassement a surgi et détruit les cultures, sans prévenir les riverains. Ils se sont organisés et ont stoppé les travaux le lendemain. Leurs principales revendications portaient plutôt sur le paiement des indemnisations « promises en 2008, » année de début des procédures en vue de la construction de cette infrastructure.
François Xavier Mbeng explique qu’en 2008, des autorités administratives avaient ordonné le recensement des riverains en vue de l’indemnisation. Une liste de 52 familles avait été dressée et validée par ces responsables. Et puis, plus de nouvelles, jusqu’au lancement des travaux qui a révolté les populations. Le sous-préfet de Yaoundé 1er qui est descendu à la chefferie d’Olembé regrette la destruction des cultures. Jean Paul Tsanga Foé pense
que la société Razel aurait pu informer les autorités du jour exact du début de ses travaux de terrassement pour une sensibilisation au préalable des populations. Mais, l’autorité administrative a été claire : Le terrain qui s’étend sur une superficie de 288 ha appartient à l’Etat du Cameroun depuis 45 ans, titre foncier à l’appui. Les expropriés qui sont les parents et grands parents des protestataires d’aujourd’hui ont été indemnisés en 1970 ! « C’est le même titre foncier que le site des logements sociaux attenant, dont les travaux sont en cours d’achèvement à Olembé», renchérit le sous-préfet.
A vrai dire, ces riverains reconnaissent cette vérité. « Le recensement ordonné et validé en 2008 a suscité l’espoir d’un nouveau paiement, d’autant plus que nos parents n’avaient perçu à l’époque que des sommes dont la valeur est dérisoire aujourd’hui », rétorque le chef du village.
Soit ! Les vraies motivations sont révélées et ont été confiées au sous-préfet pour transmission à qui de droit.

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