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Cameroun : Scandale à Yaoundé, le ministre Atanga Nji accusé de braquage foncier !

Atanga Nji

C’est une affaire explosive qui risque de faire grand bruit dans les arcanes du pouvoir camerounais. Comme le révèle en exclusivité 237online.com, le tout-puissant ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji est accusé d’avoir orchestré un véritable braquage foncier au détriment d’une famille à Tsinga Village, dans la périphérie de Yaoundé. Selon nos informations recoupées, l’homme fort du régime se serait accaparé illégalement un terrain de 1050 m2 appartenant au couple Anoumang, avec la complicité de son frère homme d’affaires. Un scandale foncier qui illustre les dérives d’une élite toute-puissante qui bafoue les droits des citoyens ordinaires.

Un terrain acquis dans les règles dès 2006

Pour comprendre les dessous de cette affaire sordide, il faut remonter à 2006. Cette année-là, Armand Bienvenu Anoumang Bipan et son épouse Madame Kepe acquièrent un terrain de 1050 m2 à Tsinga Village, situé dans l’arrondissement de Soa. La transaction est réalisée en bonne et due forme devant notaire, comme l’attestent les documents authentiques consultés par 237online.com. Le couple obtient même le précieux sésame : le titre foncier n°825/Mef établi le 10 août 2006.

Forts de ces garanties légales, les Anoumang valorisent leur bien. Ils érigent une solide clôture en parpaings et construisent même un magasin sur le site. Un investissement considérable qui part en fumée 16 ans plus tard, quand un matin de 2022, des engins de chantier débarquent pour tout raser. Le couple n’en croit pas ses yeux. Qui a osé braver son titre foncier en règle ?

Le clan Atanga Nji à la manœuvre

La réponse tombe comme un couperet : c’est Victor Mbincho Nji, le propre frère du ministre Atanga Nji, qui pilote la destruction. Quand le couple tente de faire valoir ses droits, ce « businessman » les envoie sur les roses : « Je n’ai rien à traiter avec vous, c’est le financier Bomba qui a vendu tous ces lots à Atanga Nji ». Une fin de non-recevoir qui trahit un sentiment d’impunité confinant à l’arrogance.

Car après vérification, ledit Bomba affirme avoir acheté le terrain aux vendeurs initiaux, Eyebe et son frère. Comment un bien déjà cédé en 2006 a-t-il pu être revendu ? Mystère et boule de gomme. Une chose est sûre : le titre foncier en possession du couple bafouée prouve que le terrain leur appartient bel et bien. Mais au Cameroun de Paul Biya, le droit semble bien fragile face au rouleau compresseur des puissants.

Atanga Nji, un avide d’accumulation foncière

Car loin d’être un incident isolé, ce braquage foncier s’inscrit dans un vaste appétit de prédation du ministre Atanga Nji. Celui que beaucoup surnomment « le parrain » est connu pour sa boulimie immobilière et sa capacité à rafler les meilleurs lots, de Yaoundé à Douala. Une accumulation frénétique qui interroge quand on connaît les maigres émoluments officiels d’un ministre.

Cette affaire trouble met aussi en lumière les pesanteurs d’une justice aux ordres. Malgré une plainte en bonne et due forme, la procédure traîne en longueur au tribunal de Mfou. Selon nos informations, Paul Atanga Nji en personne ferait pression pour torpiller le dossier. Face à un adversaire de ce calibre, les Anoumang paraissent bien démunis. Mais pas totalement impuissants.

L’État de droit bafoué, la société civile mobilisée

En médiatisant leur calvaire, ce couple de citoyens ordinaires jette une lumière crue sur les abus de pouvoir qui gangrènent le Cameroun. Quand les puissants se croient au-dessus des lois, quand la justice plie devant les privilèges indus, c’est tout l’État de droit qui vacille sur ses bases. Un constat amer partagé par une large part de la population, excédée par les passe-droits et l’impunité des « intouchables« .

Face à ces inégalités criantes, la société civile se mobilise. Des ONG comme Un Monde Avenir ou le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) élèvent la voix pour exiger toute la lumière sur ce dossier emblématique. Ces vigies citoyennes réclament aussi un audit général de la gestion foncière pour traquer toutes les attributions frauduleuses.

Car au-delà de la spoliation d’une famille, c’est un véritable pillage des ressources qui est en jeu. Les réserves foncières du Cameroun sont une richesse vitale qu’il faut impérativement sanctuariser, loin des appétits prédateurs des puissants du moment. Si rien n’est fait, ce sont les générations futures qui seront dépossédées de leur héritage. Une bombe à retardement.

L’affaire Atanga Nji doit sonner comme un électrochoc. Il est temps de rompre avec la loi des puissants pour restaurer celle du droit. Chaque citoyen spolié doit pouvoir obtenir justice, sans crainte des représailles. C’est le nouveau contrat social dont le Cameroun a besoin. Une exigence non négociable pour bâtir un avenir apaisé. Le pardon sera difficile tant que les abus prospéreront. Très difficile même.

Pierre-Marie Djomo pour 237online.com

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