Cameroun : Scandale à la BVMAC, un ex-DAF dénonce un « assassinat professionnel » et exige justice 🚨💼👨‍⚖️

BVMAC

C’est une affaire qui risque de secouer le monde feutré de la finance en Afrique centrale. Jean Sylvestre ELOUNA, ancien Directeur Administratif et Financier (DAF) de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), a adressé un courrier explosif aux actionnaires de l’institution, que 237online.com a pu consulter. Il y dénonce un licenciement abusif, doublé d’un « acharnement » et d’une « tentative d’assassinat professionnel » de la part de son ex-patron, et réclame justice et réparation.

Un licenciement brutal sur fond d’accusations graves

Tout commence le 11 août 2022, lorsque Jean Sylvestre ELOUNA reçoit sa lettre de licenciement, signée de la main du Directeur Général de la BVMAC. Le motif ? Des accusations d’une « extrême gravité », tirées des conclusions supposées d’un audit mené par le cabinet Deloitte du 9 mai au 10 juin 2022. Selon cette lettre, l’audit aurait révélé que le DAF avait « bénéficié d’une délégation totale de signature de l’ancien Directeur général », « posé des actes créant un préjudice financier colossal à la société » et « commis des fautes lourdes« .

Choqué par ces allégations qu’il conteste fermement, Jean Sylvestre ELOUNA demande à consulter le fameux rapport d’audit. Demande refusée par le Directeur Général, tout comme l’accès à la décision de licenciement pourtant votée, selon la lettre, par le Conseil d’Administration du 24 juin 2022.

Une procédure de licenciement truffée d’irrégularités

Mais pour Jean Sylvestre ELOUNA, ce licenciement n’est que l’épilogue d’un « véritable acharnement » initié dès le 23 juin 2022. Ce jour-là, relate-t-il dans son courrier, le Directeur Général fait changer les serrures de son bureau en son absence, sans mandat de justice ni autorisation du Conseil. Le lendemain, le DAF est suspendu sans motif, et se voit interdire l’accès à la BVMAC, sous escorte policière.

« De l’analyse de cette procédure de licenciement, vous conviendrez que j’ai été l’objet d’un ‘véritable acharnement’ doublé d’une ‘tentative d’assassinat professionnel’« , écrit-il aux actionnaires. Et de pointer les nombreuses irrégularités qui ont émaillé le processus : intrusion illégale dans son bureau, non-information de l’audit en cours, refus de consultation des pièces, non-respect des procédures réglementaires de suspension et de licenciement…

Une confrontation qui tourne au fiasco pour le DG

Face à ce qu’il considère comme une machination, Jean Sylvestre ELOUNA saisit le gouvernement camerounais d’une procédure d’arbitrage, comme le prévoit l’Accord de siège entre l’État et la BVMAC. Et le 22 septembre 2023, coup de théâtre : lors d’une confrontation organisée par le ministère des Relations Extérieures (MINREX), le Directeur Général de la BVMAC finit par déposer le fameux rapport d’audit.

Mais stupeur : le rapport Deloitte, dont 237online.com a obtenu copie, affirme explicitement qu' »aucune mission d’audit n’a été effectuée » ! Mieux, il ne contient « ni pièce administrative/comptable ou preuve justifiant les accusations » portées contre Jean Sylvestre ELOUNA. Un véritable camouflet pour le DG, qui avait pourtant affirmé détenir la preuve de « crimes économiques et détournements de plus de 900 millions de FCFA« …

Un ex-DAF qui crie à l’injustice et réclame réparation

Fort de ces éléments accablants, Jean Sylvestre ELOUNA monte au créneau. Dans son courrier, il demande solennellement aux actionnaires de la BVMAC de « recommander à la Gouvernance de [leur] société, d’instruire le Directeur général de [lui] restituer [ses] effets personnels » et « d’engager sans délai, la révision du cadre de [sa] rupture de collaboration ». Une révision qui devra, insiste-t-il, tenir compte des « divers préjudices » causés par ce licenciement vexatoire et infondé.

« J’ai été l’objet d’un ‘véritable acharnement’ doublé d’une ‘tentative d’assassinat professionnel' », martèle l’ex-DAF, qui se dit prêt à « coopérer pour une conciliation amiable et définitive » mais exige d’être blanchi et indemnisé du préjudice subi. Un bras de fer juridico-médiatique s’annonce donc, qui risque fort d’écorner l’image de la BVMAC et de son top management.

La BVMAC n’a pas encore réagi officiellement à ces graves accusations. Mais une chose est sûre : si les faits dénoncés par Jean Sylvestre ELOUNA sont avérés, c’est toute la gouvernance de cette institution financière de premier plan qui sera sur la sellette. Affaire à suivre, donc, dans un secteur où la réputation et la confiance sont les maîtres-mots.

Par Nadège FOUDA pour 237online.com

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