Cameroun – Saccage des ambassades à l’étranger: Où en est-on avec l’enquête ?

Aucune information ne filtre, trois mois après la mise à sac des représentations diplomatiques du Cameroun à Paris et à Berlin.

Quid de l’enquête autour des actes de vandalisme perpétrés dans les ambassades du Cameroun à Paris et Berlin ? Trois mois après les faits, aucune information ne filtre.

Le 26 janvier 2019, des manifestants opposés au pouvoir de Yaoundé, s’étaient introduits dans les représentations diplomatiques du Cameroun dans les capitales de la France et de l’Allemagne. Ils avaient alors vandalisé ces ambassades; certains allant jusqu’à décrocher des portraits du Président Paul Biya pour ériger ceux de l’opposant Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).

Le gouvernement avait alors attribué ces actes de vandalisme aux leaders et sympathisants du MRC. Surtout qu’ils avaient été perpétrés simultanément avec l’organisation par Maurice Kamto et ses proches, des marches pacifiques dans plusieurs villes du Cameroun.

«Ce que l’on constate, c’est que dès le lendemain de l’élection présidentielle, le 7 octobre dernier, le MRC a véritablement choisi de s’inscrire dans une logique systématique de contestation, de provocation, de remise en question d’une élection qu’il n’a pas gagnée; d’une élection qu’il ne pouvait pas gagner en toute logique. Or, cette posture se traduit depuis lors, par des incitations au désordre, à la révolte, à l’insurrection; des manifestations non autorisées dont le paroxysme aura été ces manifestations de samedi dernier [26 janvier] dans quelques villes au Cameroun et à l’étranger, notamment à Paris et à Berlin», avait déclaré René Emmanuel Sadi, le porte-parole du gouvernement, dans une interview à RFI (Radio France Internationale) quelques jours après.

Le ministre de la Communication avait aussi expliqué que c’est l’une des raisons pour lesquelles Maurice Kamto et ses proches avaient été arrêtés. Pourtant, ces derniers n’ont eu de cesse de se dissocier desdits actes. Pour eux, il s’agit d’une tentative de musèlement des opposants politiques au régime de Biya.

Dans un communiqué publié le 24 avril 2019, le porte-parole de Maurice Kamto, Olivier Bibou Nissack, indique que les autorités camerounaises, jusqu’au 8 avril dernier, n’avaient pas encore déposé une plainte au Parquet de Paris pour déterminer les auteurs de ces actes. Sollicitée à ce sujet par les avocats du Pr Kamto, Mme Rachel Bray, vice-procureur du Parquet de Paris, a informé de «l’absence de plainte déposée par l’ambassade du Cameroun dans le cadre de l’enquête ouverte le 26 janvier à la suite des faits de dégradations survenus dans leurs locaux».

«Il est en effet mensonger de dire ou sous-entendre que Maurice Kamto est l’instigateur ou l’acteur des dégradations subies par l’ambassade du Cameroun à Paris ou en un autre quelconque endroit du globe le 26 janvier 2019», affirme Bibou Nissack. A ce sujet, les avocats de Maurice Kamto ont déposé une plainte contre René Sadi, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris le 18 avril dernier, pour diffamation.

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