Responsable d’une auto-école, le syndicaliste Thomas Noubondié se prononce sur le « sabotage ».[b]Est-ce que les méthodes utilisées par la Communauté Urbaine de Yaoundé (Cuy), pour réprimer les chauffeurs indisciplinés sont acceptables ?[/b]
Sans dédouaner les conducteurs d’automobiles qui sont en majorité indisciplinés, certains par ignorance et d’autres par mauvaise foi, il faut noter que nous avons également constaté que les agents de la Communauté urbaine pèchent par excès de zèle. Parce que, toutes les pratiques décriées plus haut sont celles que nous rencontrons au quotidien et qui, malheureusement ne font pas partie des batteries de mesures prescrites par la réglementation en matière répressive des actes d’incivisme routier. Ceci étant, je pense que beaucoup de Camerounais ne savent pas qu’ils peuvent porter plainte à la Cuy. Quand vous êtes victime d’un pillage et que ces éléments viennent enlever la batterie ou un quelconque élément dans votre voiture, là ça devient une délinquance. Il faut faire constater par un huissier de justice. Les usagers parfois oublient qu’ils ont les droits. Pour revenir à votre question, les agents de la Cuy n’ont pas le droit de dépouiller les véhicules de quelque pièce que ce soit. Même s’ils sont convaincus d’infractions au code de la route.
[b]Quelles sont les sanctions possibles ?[/b]
Pour sanctionner, il y a plusieurs formules : la première chose c’est de relever le numéro du véhicule ensuite, saisir la justice afin qu’on leur délivre les contraintes par corps. Le délégué du gouvernement ou alors le préfet a également le pouvoir de prendre une décision pour instaurer les « sabots ». Mais, ces « sabots », doivent obéir à des canaux. Parlant de ces canaux, il faut savoir la différence entre un arrêt et un stationnement. Quand votre véhicule est mal stationné et que vous perturbez la circulation, on peut vous saboter et puis emporter votre véhicule à la voirie municipale. Cela est prévu par la réglementation.
[b]Est-ce que les routes telles qu’elles sont construites à Yaoundé peuvent permettre aux usagers de bien se comporter ?[/b]
Malheureusement le réseau routier au Cameroun en général et à Yaoundé en particulier a encore beaucoup d’insuffisances. Parce que même les parkings tracés n’obéissent pas à la norme. Ils sont tracés sur la chaussée, pourtant ils devraient être construits. On trouve également cette délinquance là parce que beaucoup de chauffeurs ne trouvent pas d’espace ou ranger leurs véhicules. Ce qui pose également une partie des problèmes que nous rencontrons dans nos villes.
[b]N’y a-t-il pas un problème de formation ?[/b]
Bien sûr. Il y a des chauffeurs qui ne savent même pas où se garer et, où il est interdit de stationner. Comme je l’ai dit avant, soit c’est par ignorance, soit c’est par mauvaise foi. Même ceux qui sont passé par les auto-écoles décident même de s’arrêter en pleine chaussée, en contradiction du code de la route. Donc, il y a également cette mentalité qu’il faudra reformater.
[b]Et si on parlait des politiques mises en œuvre dans d’autres pays ?[/b]
Dans d’autres pays, la politique de construction des routes obéit à une prospective en fonction de la croissance démographique et de la croissance urbaine. Quand on prévoit qu’une route va dans 20 ans accueillir un certains nombres de véhicules, il faudrait que les ouvrages soient conséquents. Or au Cameroun, on ne fait pas de prévision. On se retrouve avec des routes étroites, et quand les usagers ont besoin de stationner, ils sont obligés d’encombrer la chaussée.
[b]Propos recueillis par V.B[/b]