Cameroun: Rumeurs sur un cas d’Ebola à Douala

Hopital à Douala

Une conférence de presse du Délégué régional de la santé publique pour le Littoral (dont Douala, la capitale économique du Cameroun est le chef lieu) convoquée ce début d’après-midi n’a pas eu.[pagebreak] Alors que toutes affaires cessantes, et surtout en raison de l’actualité locale faisant état depuis la veille au soir d’un cas de fièvre hémorragique connue sous le nom d’Ebola, des journalistes informés ont accouru sur les lieux et trouvé quelques médecins.
Quelle ne fut pas leur surprise lorsque à l’heure dite (14h), on annonça que c’était plutôt convenu à 15h30. Sauf qu’advenue 15h30, un préposé des services régionaux de la santé viendra annoncer que « la conférence de presse est reportée à mardi prochain ». Aucune raison officielle n’est donnée pour ce report qui donne le net sentiment d’un cafouillage visiblement entretenu. Sur insistance des journalistes, le préposé confiera que «le délégué est en réunion avec le Gouverneur de la région»
Un autre insistera néanmoins pour dire que la rumeur sur la découverte à Laquintinie (le plus grand hôpital public du Cameroun et de l’Afrique Centrale) d’un cas de fièvre hémorragique dite Ebola est « fausse». Notre insistance pour une déclaration officielle d’un responsable des services régionaux de la Santé sera vaine. Tout comme celle, ce matin des responsables de l’hôpital Laquintinie
Que se passe-t-il alors ? Pourquoi cette conférence de presse très attendue des services officiels de la santé de Douala, au moment où les rumeurs les plus folles parcourent la ville et la région, est-elle subitement annulée ? Déjà , le matin en marge d’un meeting du parti au pouvoir destiné à «féliciter le chef de l’Etat pour son engagement contre Boko Haram», le même délégué régional avait refusé d’accorder d’interviews aux journalistes qui l’approchaient. Pourquoi n’est-il pas resté sur cette ligne de silence plutôt que de convier les journalistes à une conférence de presse? En a-t-il finalement été dissuadé? Par qui? Et pourquoi? Aucune réponse pour le moment.
Mais, manifestement, ces tergiversations montrent un fait: il y a de l’eau dans le moteur de la communication gouvernementale. Ce qui est incompréhensible c’est que tout cela – rumeurs et confusions – surviennent moins de 24 h après la conférence de presse à Yaoundé du Ministre de la Santé publique qui visait pourtant à rassurer l’opinion publique sur le dispositif de sécurisation sanitaire des zones frontalières du Cameroun. Est-ce à dire que nul, du moins au sein des populations, ne croit en la capacité des pouvoirs publics à protéger le Cameroun contre cette terrible maladie qui touche depuis bientôt 3 mois des pays de l’Afrique de l’Ouest dont la Guinée, le Liberia, la Sierra Léone; et depuis une semaine notre voisin, le Nigéria ? Une source officieuse à la délégation régionale du Littoral a néanmoins révélé qu’une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine et les mobiles de la rumeur sur Ebola à Laquintinie. Les autorités régionales attendraient-elles les résultats de cette enquête pour communiquer sur un phénomène qui installent une véritable psychose au sein des populations de la région, en particulier celles de la capitale économique ? Voire. Mais selon des experts en communication interrogés, les deux démarches auraient pu aller de pair.
Or en tergiversant, plutôt que d’assumer publiquement une position ferme démentant le cas d’Ebola de Laquintinie, la rumeur risque plutôt de s’amplifier davantage. Et pour cause. D’autres informations font état en effet du décès des suites d’Ebola d’un médecin camerounais en service au Liberia. Bien que cette information ne soit pas encore confirmée par les autorités compétentes, des questions surgissent déjà: doit-on transférer son corps au Cameroun comme le veulent la plupart des traditions locales ? Si oui quel dispositif serait mis en place pour s’assurer que sa manipulation n’affecte pas des proches au Cameroun ? Ou faut-il simplement abandonner cette dépouille à l’étranger ? Les prochains jours permettraient d’en savoir plus.
En tout état de cause, une campagne rigoureuse de prévention voire de gestion des effets de cette pandémie continentale est s’avère plus que nécessaire au Cameroun.

Au moment où nous actualisons ces informations, aucune autorité sanitaire ni administrative n’avait confirmé l’existence d’un cas d’Ebola à Douala. Tout au plus, il nous a été indiqué, mezza vocce , que le Chinois cité souffrirait des complications rares de l’hépatite. Espérons que cela mettra u terme à cette psychose qui s’est emparée de la ville de Douala depuis hier nuit.

Alex Gustave Azebaze, 237online.com

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