Cameroun – Rivalité: Conflit ouvert dans la famille des Fotso

En réaction à l’interview de Yves Michel Fotso dans Jeune Afrique, le 08 mars dernier, Christelle Nadia Fotso vient de répondre à son frère. [pagebreak]La fracture semble désormais visible au sein de la grande famille Fotso. Deux semaines après le déballage de Yves Michel Fotso dans les colonnes du journal Jeune Afrique (Ja), et dans lequel l’ancien administrateur directeur général de la Cameroon Airlines et ex-patron du groupe industriel Fotso avait, sans ambages, accusé ses frères et sœurs d’être ses « bourreaux » ; c’est au tour de Christelle Nadia Fotso, sa sœur cadette, de monter au créneau pour, selon elle, «apporter quelques précisions et corrections essentielles » sur les propos de son frère.
Dans un droit de réponse servi cette semaine au journal panafricain, Christelle Nadia Fotso rejette en bloc les déclarations de Yves Michel Fotso dans Ja, et selon lesquelles, leur père, Victor Fotso, serait devenu « une proie facile » pour ses jeunes frères et sœurs, qui auraient profité de sa détention (depuis décembre 2010) pour «l’évincer définitivement» de la direction du groupe Fotso. «Fotso Victor n’est pas un vieillard prisonnier de sa richesse, clame Christelle Nadia Fotso. Mais bien un sage qui accomplira jusqu’au bout ses devoirs de père et d’homme d’Etat ».
Plus loin, l’avocate aux barreaux de Washington Dc (Etats-Unis) et de Bruxelles (Belgique) vantant les mérites de son père déclare : « Il a une foi inébranlable en la justice de son pays et dans le principe essentiel à la cohésion d’une nation qui est l’application des lois à tous ses citoyens quel que soit le nom de leur famille (…) Par conséquent, il irait à l’encontre des convictions de M. Fotso d’exiger une justice particulière pour un individu parce qu’il est son enfant».
Une façon pour celle qui passe pour la porte-parole de ceux que Yves Michel Fotso avait désigné dans Jeune Afrique comme étant ses « prédateurs », de prendre à contre-pied les propos de son frère aîné. Dans son interview, l’homme d’affaires de 54 ans s’était étonné de la « volte-face » de son père quelques temps après son arrestation, alors que ce dernier lui avait promis de tout faire pour obtenir sa libération.

Menace
« Il (Victor Fotso) disait que son amitié avec le président Paul Biya faciliterait au moins une mise en liberté provisoire, même s’il devait pour cela donner toute sa fortune pour payer la caution. (…) Apparemment, sous la menace de plusieurs de ses enfants et de certaines de ses épouses, il a fait volte-face », indique-t-il. Faux ! Rétorque Christelle Nadia Fotso, qui estime que son frère devrait plutôt répondre de ses actes. « Yves Michel Fotso est un adulte qui a fait ses propres choix, souligne-t-elle. Il est incongru de sa part d’attendre de l’homme intègre qui lui a donné la vie et un nom, un sacrifice abrahamique lorsque son pays lui demande des comptes».
Par moment, la jeune docteure en Droit se montre très pédagogue. Christelle Nadia Fotso semble, à la limite, se réjouir du sort réservé à son frère, dont une condamnation à 25 ans de prison dans le cadre de la seule affaire d’achat avorté d’un avion présidentiel. « La véritable différence entre M. Fotso et l’un de ses nombreux enfants semble, hélas, fondamentale ; elle explique sans doute les lieux d’où chacun d’eux parle : Victor Fotso croit au droit et reste avant tout un notable qui comprend qu’avec les privilèges, viennent des devoirs et des obligations avec lesquels on ne peut transiger (…) cela s’appelle la dignité », enseigne-t-elle.

Daniel Ndjodo Bessala

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