Le ministre en charge de l??Agriculture était sur le champ de bataille mardi à Ngoumou.C??est avec une joie non dissimulée que les paysans de Binguela, localité située non loin de Ngoumou, région du Centre, ont appris mardi dernier de la bouche du ministre de l??Agriculture et du Développement rural, Essimi Menye, que le gouvernement allait formellement reprendre la main dans la lutte antifongique, dans la filière cacao. Ce sera à travers un programme qui prendra définitivement corps en juin prochain. Le plus intéressant pour les braves populations de la région, c??est certainement la prise de mesures immédiates, destinées à
éradiquer les cas constatés sur le terrain.Voici comment une visite a priori destinée à la simple évaluation du degré d??attaque des capsides et de la pourriture brune dans les exploitations cacaoyères, a fini par laisser cours à un train de mesures, pour le moins justifiables. Outre les réalités vécues sur le terrain, un certain nombre de faits et de chiffres attestent de l??ampleur des pertes à la production, dues à ce deux maladies du cacao. De source proche du projet d??appui à la lutte fongique dans les filières cacao-café, elles sont estimées entre 30 et 40% au niveau national. Dans la région du centre, elles peuvent même atteindre des pics de 70 à 75%, lorsque les mesures et traitements appropriés ne sont pas appliqués. Et, pour des raisons parfois triviales, c??est généralement le cas dans les petites exploitations.A ce sujet, il est à relever que, depuis la crise économique des années 80 et la libéralisation des filières cacao-café qui s??en est suivie, les planteurs ont bien du mal à supporter les charges liées au traitement de leurs exploitations. La disponibilité et surtout l??accessibilité des fongicides et pesticides n??est pas toujours évidente, comme le démontrent ces autres chiffres, rapportés par Gilbert Félix Mfou??ou Zanga, chef de la brigade phytosanitaire du département de la Mefou-et-Akono. Selon le technicien, une moyenne de 44 000 F est nécessaire pour assurer le traitement optimal d??un seul hectare de cacaoyère. Pour 10 hectares, le calcul est vite fait?? L??assistance technique et la fourniture sporadique de produits phytosanitaires ne sont plus suffisantes. La reprise en main annoncée par le Minader, en plus d??une plus large fourniture d??espèces améliorées sont dès lors des mesures qui font germer plus d??un espoir.
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