Cameroun – Remise en Service de la Centrale D’Ahala: Vers la réduction des délestages

La centrale d’Ahala va être remise en service, grâce à l’accord trouvé entre le gouvernement et Aggreko.Résoudre le problème de délestages intempestifs que connaît le Cameroun. C’est cet objectif qu’est censé atteindre, l’achat de la centrale thermique d’Ahala par le gouvernement camerounais. Un but auquel croit dur comme fer le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Basile Atangana Kouna qui a annoncé hier sur les ondes du Poste national de la Crtv radio, l’acquisition de cette centrale d’une capacité de 60 MW par l’Etat du Cameroun. Ceci sous réserve de la signature d’un contrat en bonne et due forme avec le ministère des Marchés publics. Dans la foulée, Basile Atangana Kouna a invité les populations à se référer à l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) en cas de litiges avec la société de distribution de l’énergie électrique Eneo Cameroon. Une manière d’indiquer que les manifestations et autres marches annoncées par les citoyens camerounais, sont loin d’être des solutions.
Toutefois, ces annonces n’occultent pas les nombreux doutes suscités par cette négociation. La question du prix de l’achat de la centrale demeure entière. La société anglaise de location de groupes électrogènes, Agrekko demandait environ 14,1 milliards Fcfa pour céder cette centrale à l’Etat du Cameroun. Une somme estimée exorbitante. Surtout que la centrale d’Ahala à l’état neuf a coûté 15 milliards 800 millions Fcfa. De plus, selon un rapport de la société Electricity Development Corporation (Edc) transmis au Minee en date du 4 juin dernier, les installations de la centrale sont vétustes. Sans compter que l’entretien des centrales thermiques à fioul léger (gasoil) est onéreux.
Au vu de ces analyses, plusieurs experts estiment que cette transaction, si elle était effectuée selon les termes sus évoqués, devait constituer une perte pour l’Etat du Cameroun. C’est la raison pour laquelle les négociations ont pris tout ce temps. Toutefois, le 5 juin dernier, un communiqué du Minee rendu public au terme de la session extraordinaire du Comité de suivi de l’étiage 2015, indiquait que «les divergences qui freinent la transaction entre l’Etat et le groupe Aggreko, relativement à l’acquisition de la centrale thermique d’Ahala, sont en passe d’être aplanies et cette transaction devrait rapidement être bouclée». Nul doute que la promptitude indiquée par le haut-commis de l’Etat ait été respectée. Il ne faut cependant pas oublier que le déficit en énergie électrique du Cameroun oscille entre 80 et 150 MW. Ainsi, les 60 MW fournis par la centrale d’Ahala ne constituent donc pas une garantie quant à la résolution des délestages.
C’est dans le cadre du Programme thermique d’urgence (Ptu) initié par le gouvernement camerounais en 2009 que la centrale thermique d’Ahala ainsi que celles de Bamenda, Mbalmayo et Ebolowa ont été construites. La première phase du projet, comportait la production d’une capacité totale de 40 MW fournie par le biais des trois centrales thermiques diesel de Bamenda, Mbalmayo, et Ebolowa. Dans sa phase 2, il été prévu pour deux ans, avec option d’achat, la location à la société Agrekko de la centrale thermique d’Ahala, quartier situé dans la périphérie de la capitale camerounaise.

[b]Nadine Guepi[/b]

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