Cameroun – Remise des peines: Paul Biya oublie les prévenus

titus edzoa michel thierry atangana

Ces prisonniers non encore fixés sur leur sort, ont été ignorés par le décret Présidentiel.
Selon des informations publiées par la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (Cndhl) qui a séjourné pendant deux jours à la prison Centrale de Douala ces derniers mois, la majeure partie des pensionnaires de cette prison est faite des prévenus en attente de jugement ou en instance de jugement.[pagebreak]Pourtant, ils sont privés de liberté et sont logés dans les mêmes cellules que des détenus déjà définitivement condamnés. Ils vivent dans les mêmes conditions et connaissent les mêmes déboires pour la plupart. D’après des enquêtes menées par des organismes internationaux qui visitent couramment nos prisons, plus de 90% de la population carcérale au Cameroun est constituée de prévenus. Certains d’entre eux y ont déjà passé la moitié de leur vie. D’autres sont presque oubliés parce que n’étant plus allés au tribunal depuis plusieurs années.
Par manque d’argent, ils n’ont ni les moyens de se soigner, de se payer un avocat, d’assurer le suivi de leur dossier, que ce soit au sein de l’administration pénitentiaire ou dans les couloirs de la justice. Les dossiers de la plupart d’entre eux sont souvent introuvables. Alors qu’ils attendent au quotidien l’ange gardien qui viendra les sauver de cette situation, ils viennent à nouveau d’être oubliés par le président de la république Paul Biya. Pourtant ils n’en demandaient pas mieux pour espérer refaire leur vie déjà détruite par un procès qui pour les uns est déjà oublié par les juges des différents tribunaux.
D’après Me Fidèle Djoumbissie préoccupé par le sort de ces compatriotes, il n’est pas du ressort du président de la République de revoir la situation des prévenus. «Le président de la République ne peut pas réduire les peines des prévenus parce qu’ils n’en ont pas encore. En plus, ce n’est pas du statut de la grâce présidentielle. La grâce présidentielle ne concerne que les peines pécuniaires prononcées au profit de l’Etat (les amendes et les dépens) et des peines privatives de liberté uniquement.»
Pour l’avocat, les prévenus doivent solliciter les interventions des organismes internationaux qui visitent les prisons pour des interventions en leur faveur au niveau de la justice.

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