Cameroun – Remaniement ministériel: Agbor Tabi, une histoire de famine

Des marabouts lui auraient formellement interdit de prendre son petit déjeuner, à l’heure où des séances de magie noire se multiplient par ailleurs dans des maisons closes et des hôtels huppés.Très peu d’informations ont filtré au sujet de la chute, samedi dernier à Buea, la capitale régionale du Sud-Ouest, du secrétaire général adjoint de la présidence de la République, Peter Agbor Tabi, lors d’une marche de solidarité anti-Boko Haram. Tout juste apprend-on, d’indiscrétions glanées auprès de son entourage, que l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur a eu un malaise parce que n’ayant pris son petit déjeuner habituel.
Ceux qui soutiennent cette thèse se souviennent déjà que, le 8 janvier dernier, le non moins dernier chancelier de l’université de Yaoundé était tombé presqu’aveugle au palais de l’unité, lors de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux des corps constitués de la nation au chef de l’État. Il avait d’ailleurs refusé de rejoindre les rangs des personnalités conviées à serrer la main du président de la République, arguant qu’il ne pouvait pas encore se tenir debout, faute d’équilibre. Cette fois également, on avait affirmé que M. Agbor Tabi n’avait pas pris son déjeuner le matin.
Reste que cette série de malaises, touchant la même personne et toujours en public, a fini par nourrir les sarcasmes dans les salons feutrés et les bureaux capitonnés de la République. Selon une thèse de plus en plus répandue, Peter Agbor Tabi, en «oubliant» régulièrement de s’alimenter avant ses sorties matinales, suivrait en réalité des consignes à lui imposées par des marabouts qui le «suivent» depuis quelques mois. Une sorte de ramadan forcé, qui selon ces tradi-praticiens devrait lui assurer non seulement longévité aux affaires, mais surtout lui permettre d’obtenir une promotion comme… Premier ministre.
Forces obscures. D’autres mauvaises langues encore, qui gravitent dans le sérail, n’excluent pas une sorte d’effet boomerang, à la suite de pratiques occultes opérées sur l’homme, visant à «bloquer» d’éventuels concurrents dans la course à la primature. Retour de bâton ou envoûtement ? La santé de Peter Agbor Tabi ne laisse par d’inquiéter, surtout si on accrédite la thèse de contraintes alimentaires à lui imposées par des marabouts, alors que le proche collaborateur du chef de l’Etat, aujourd’hui âgé – officiellement – de 64 ans, aurait du mal à supporter un régime d’abstinence prolongée. Et M. Agbor Tabi, dans la bagarre pour le maintien ou la promotion aux affaires, n’est pas le seul à recourir à la magie noire.
Des sources de La Météo renseignent en effet d’une ambiance fortement teintée de pratiques occultes désormais domiciliées dans des hôtels huppés de la capitale. Ainsi des gourous, en grand nombre et parmi lesquels on compte des sorciers de funeste réputation établis dans des faubourgs de Cotonou, Niamey et d’autres venus de l’Inde, ont investi des établissements de tourisme de Yaoundé où ils vivent en autarcie dans des suites, ne recevant strictement que leurs illustres clients.
«Il s’agit, espèrent-ils, de mettre le président Paul Biya sous hypnose, d’influencer ses choix dans le remaniement gouvernemental en vue», explique un membre du gouvernement, qui affirme avoir été approché par un collègue pour l’aider à obtenir le fameux «blindage». Ce n’est donc plus seulement dans des cases noires des bidonvilles de Buea, ou encore chez les pygmées baka, que certains pontes du régime semblent désormais rechercher le maintien ou la longévité dans le sérail, dans un insupportable climat de supputations et de tension psychologique au sein de l’Exécutif.

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