Cameroun – Régulation: La claque du Cnc à Atanga Nji et Nganou Djoumessi

Le Conseil national de la communication estime que les plaintes de ces ministres en fonction sont infondées et irrecevables.[pagebreak]«Le conseil, ayant constaté que les organes de presse mis en cause ont usé d’une démarche professionnelle d’investigation, de vérification et de recoupement de l’information […], a rendu une décision de non-lieu à suivre, mettant un terme aux procédures initiées dans les cas sus répertoriés.» C’est l’une des résolutions de la 9ème session ordinaire du Conseil national de la communication (Cnc), rendues publiques hier. Une décision bien accueillie par la presse, surtout que le plaignant n’est autre qu’un ministre en fonction. Il s’agit de Paul Atanga Nji, ministre chargé de mission à la présidence de la République. Il n’est pas souvent arrivé, que les médias soient blanchis lorsqu’ils sont traînés devant cette instance par des dignitaires de la République. Les organes de presse écrite « L’œil du Sahel », « The Guardian Post », « Le jour », « The Post », ont brisé la tradition. Les auteurs des articles querellés ont été auditionnés par les membres du Cnc. Il s’agit de Claude Tadjon pour «Le jour», Kini Nsom pour «The Post», Ezieh Sylvan*us pour «The Guardian Post». Pour ce qui est de «L’œil du Sahel», c’est le directeur de publication, Guibaï Gatama qui a répondu à la convocation du Cnc en date du 19 février 2015. Une occasion de revenir sur les faits reprochés au journaliste. Dans son N° 634 du 8 septembre 2014, «L’œil du Sahel» a indiqué dans un article que «Atanga Nji est soupçonné d’avoir participé à une demi-douzaine d’opérations douteuses susceptibles de donner lieu à des poursuites pour détournement de derniers publics pour une valeur globale d’un peu plus de 713 millions Fcfa.» Des informations, selon Guibaï Gatama, contenues dans la correspondance du procureur général près le Tribunal criminel spécial (Tcs) basée sur le rapport du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) relatif à la mission de vérification de la gestion des Centres des chèques postaux (Ccp) pour les exercices 2000 à 2005, transmise au ministre de la Justice en date du 30 juin 2014. Un document qui a été remis au Cnc.

Vice de forme Claude Tadjon a fait de même pour le rapport de la Commission nationale anti-corruption (Conac) rendu public en 2011 sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun. C’est sur ces notes que le rédacteur de «Le jour» s’est basé pour rapporter que 243 paiements irréguliers, 144 paiements réalisés sur la base des crédits fictifs dans 14 comptes courants, auraient permis à M. Atanga Nji de percevoir une somme de 319 millions Fcfa. Le journaliste de «The Guardian Post», qui a relayé que le ministre a illégalement perçu dans son compte de la Cameroon postal services (Campost), une somme de 469 millions, a tenu a précisé devant les membres du Cnc que les informations rendues publiques dans son journal, se trouvent dans les rapports 2011 de la Conac et de l’audit interne de la Campost en 2007. Des rapports qui ont également servis de base de travail pour le journal «The Post». Les plaintes du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Djoumessi contre le journal «Intégration» et la radio «Amplitude Fm» ont été jugées irrecevables pour vice de forme, car présentées verbalement par le plaignant.

Nadine Guepi

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