Cameroun: Réactions des hommes politiques sur la visite de François Hollande

Alain Fogué (Mrc) : “Un Français peut voler au Cameroun“Les réactions de Paul Biya sur le problème de Me Eyoum est un désaveu pour son ministre de la Communication, Issa Tchiroma. Il nous a dit qu’aucune pression ne pouvait amener le président de la République à céder sur ce dossier. Alors que le président Paul Biya se dérègle et ne fonctionne que sous la pression. Nous avons tous compris qu’il va élargir Me Eyoum. On peut ainsi observer que lorsque quelqu’un est Français, il a la possibilité de voler au Cameroun et de se faire libérer. Un paradoxe avec le nombre de Camerounais connus ou anonymes qui croupissent dans nos prisons sans jamais bénéficier de la magnanimité du chef de l’Etat. On peut se rappeler que Jean Marie Atangana Mebara avait été innocenté dans un dossier, malheureusement il n’a jamais été élargi. Ses propos sur sa longévité au pouvoir confirment qu’il conçoit le pouvoir comme une épreuve de force. Il impose sa présence aux Camerounais par la force en utilisant tous les moyens. Nous sommes dans un système où tout est déliquescent. Il est quand même surréaliste qu’un homme soit élu à plus de 80%. Il se maintient alors au pouvoir parce qu’il défie les autres, et non parce qu’il a été accepté comme élu du peuple.

[b]Joseph Kankeu (Rdpc) : ” Biya a l’assurance d’un président légitime“[/b]
Nous avons constaté lors de la conférence de presse donnée par le président Paul Biya et de son homologue Français que notre président reste égal à lui-même. Il a répondu au journaliste de France 2 avec l’assurance d’un président légitime. Ce journaliste voulait savoir si en 2018, il va passer la main pour prendre une retraite bien méritée. Il lui a dit que l’élection présidentielle de 2018 est certaine mais encore lointaine et que le moment venu les Camerounais s’auront s’il est candidat ou non. Sur sa longévité au pouvoir il a été clair en disant que « ne dure pas au pouvoir qui veut mais qui peut ». Et d’ajouter qu’il tient son pouvoir du peuple qui l’a élu et non par la force ou de manière dictatoriale, comme voudrait bien nous le faire croire les discoureurs du dimanche, les opposants et les médias étrangers. Sur le cas Lydienne Eyoum, le président de la République, qui respecte les décisions de justice, a dit qu’il verra si et seulement si la constitution le lui permet. Alors si Lydienne Eyoum fait une demande de grâce, elle pourrait bénéficier de la grâce présidentielle.

[b]Joshua Oshi (Sdf) : ” Paul Biya a un déficit de légitimité“[/b]
Les propos du président de la République lors de la conférence de presse ont mis très mal à l’aise son invité François Hollande. Il a simplement montré au bout du monde son côté particulier. Cette forme d’arrogance d’un président de la République est un déficit de légitimité. En déclarant qu’il a toujours battu ses challengers lors des séances électorales, il oublie que le Sdf a toujours les résultats rendus publics par la Cour suprême, siégeant comme Conseil constitutionnel. Nous n’avons pas contesté la dernière élection de 2011. Nous avons simplement pris acte des résultats pour ne pas dire que c’était une bonne élection. Il a dit avoir été toujours élu. C’est-à-dire en passant par des trucages. Il y a un grand écart entre sa façon de comprendre la démocratie et ce qui est attendu de lui. Sur l’affaire Lydienne Eyoum, la Constitution lui donne les prérogatives de la libérer. C’est un message qu’il a envoyé à François Hollande pour dire que malgré les décisions de justice, on peut encore compter sur lui.

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