Cameroun-Rca: Le Bir n?a pas tué 15 rebelles de la Séléka :: Cameroon

L’information contraire publiée par certains journaux ce mardi 18 février 2014 est démentie par les autorités de la région de l’Est qui reconnaissent plutôt des affrontements entre Anti-Balaka et Misca. «Le Bir tue 15 rebelles de la Séléka à l’Est » est la Une du trihebdomadaire à capitaux privés « Aurore Plus » d’hier mardi, 18 février 2014. Cette information lue par les différents présentateurs des revues de la presse des chaînes privées de télévision ont fait l’effet d’une bombe au sein de la nomenklatura administrative et sécuritaire de la région de l’Est.
« C’est un véritable phantasme de la part de vos confrères », s’entend-on dire par les sources sécuritaires rencontrées dans le cadre de l’enquête que nous avons menée pour retrouver les traces
de ces affrontements annoncés du côté de Garoua-Boulaï.

Dans cette ville frontalière, chef-lieu de l’arrondissement éponyme, des sources concordantes disent « ne pas se souvenir d’une confrontation entre éléments du Bir et l’ex-Séléka au niveau de la frontière avec la Rca ». Par contre, précisent nos sources, « dimanche le 16 février 2014, nous avons vécu une altercation entre les militaires de la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca) et la milice anti-Balaka de l’autre côté de la frontière avec la Rca ». Une information proche de la Une du quotidien privé « Le
Jour » qui parle de « Les Anti- Balaka attaquent au Cameroun » même si, à la vérité, il s’agit d’un quiproquo.

En effet, selon le site internet www.peaceau.org qui titre à propos « La Misca riposte à une attaque d’éléments armés sur un convoi et démantèle un barrage routier à Beloko (localité située à 7 km de la ville frontalière camerounaise de Garoua-Boualï, ndlr) », c’est dans un communiqué de presse daté du 15 février 2013, que la Misca a, depuis le 18 janvier 2014, mis en place un dispositif pour escorter les véhicules empruntant cette voie les lundi, mercredi et vendredi, de la localité de Beloko, à la frontière avec le Cameroun, à Bangui et les mardi, jeudi et samedi, de Bangui à la frontière camerounaise, pour
raccompagner les véhicules ayant déchargé leurs cargaisons. Le site d’informations en ligne indique que « C’est dans ce cadre que le 5è convoi escorté par la Misca a quitté Bangui le samedi 15 février 2014, avec 72 véhicules, dont 62 camions et 10 véhicules de transport d’usagers. Ce cortège est rejoint le dimanche 16 février 2014, dans la ville de Bouar, par 17 supplémentaires, portant ainsi le nombre de
véhicules à 89. La colonne ainsi constituée a essuyé une attaque d’éléments armés du groupe dit des Anti-balaka et de coupeurs de route. Ces derniers, équipés d’armes à feu, ont attaqué les militaires de la MISCA escortant le convoi, cependant que d’autres, également armés, tentaient de monter à bord des véhicules d’usagers, pour commettre des exactions sur les civils à bord. » En ripostant, les éléments de la MISCA ont dû faire usage de la force appropriée, en position de légitime défense ainsi que pour protéger les civils en danger imminent.

« Au cours des échanges de coups de feu, les balles traversaient et certaines atterrissaient sur le sol camerounais, touchant ceux des réfugiés centrafricains qui tentaient, dans la débandade, de fuir les combats pour se cacher chez nous », affirment plusieurs habitants de Garoua-Boulaï témoins de la scène. Le bilan de l’affrontement est de 11 assaillants armés neutralisés et de 12 civils légèrement blessés. Les civils ont immédiatement été pris en charge par l’équipe médicale de la Misca insérée dans le convoi. L’escorte de la Misca a récupéré 3 fusils automatiques, des fusils de chasse de calibre 12, ainsi que de nombreuses machettes, épées, arcs et flèches.

Depuis ce temps, côté camerounais,des dispositions sécuritaires sont renforcées avec le rappel, pour rejoindre leurs postes, de certains éléments du Bir permissionnaires à Bertoua. De l’avis de quelques-uns que nous avons rencontrés, « on ne peut plus parler de Séléka dans la mesure où ces derniers ont été disloqués et le gros des troupes désarmé. Tous ceux qui restent maintenant ne sont que des Anti-Balaka qui continuent de mener des opérations de représailles contre les musulmans à l’intérieur de la Rca et le long de la frontière avec le Cameroun ». Pour ces soldats d’élite, « nous n’avons jamais eu d’altercation avec la Séléka ».

Source: L’Actu

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