Société

Cameroun: Que cachent les préavis de grève des transporteurs ?

Cette lancinante question ne cesse de tarauder les esprits de certains observateurs qui relèvent la recrudescence et la récurrence des appels à la grève par les nombreux syndicats qui écument le milieu des transports au Cameron.

Il devrait avoir mouvement de grève le 10 octobre dernier au Cameroun à la suite d’un préavis lancé par le Groupement des transporteurs terrestre du Cameron (Gttc), l’Union nationale des camionneurs professionnels du Cameroun (Uncpc) et l’inter-Syndical. Sauf que la montagne a finalement accouché d’une souris. La raison est simple. L’oreille attentive que leur prêtent les pouvoirs publics notamment leur principal interlocuteur qui est le ministre des Transports du Cameroun.

C’est ainsi que pour étouffer dans l’œuf la grève qui se profilait à l’horizon le 10 octobre dernier, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a encore su nouer des fils du dialogue pour désamorcer la bombe. Mais pour combien de temps encore ? On peut se poser la question surtout lorsqu’on soupçonne ces responsables de syndicat de faire plus dans le chantage et la surenchère que dans la véritable défense des acteurs de leur secteur d’activités. Certains seraient même devenus des maitres chanteurs au point de commencer à exacerber les membres même de leurs syndicats. Est-ce ce qui se passe en ce moment ? On peut le subodorer.

Sauf qu’ils trouvent toujours la porte du ministre des Transports ouverte. Ceci a encore été le cas, le 8 octobre dernier comme le témoigne ce communiqué de presse à l’issue de la rencontre entre le ministre et ces syndicalistes.

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« Le 8 octobre 2019, sur très hautes instructions de son Excellence le Premier ministre, chef du gouvernement, s’est tenue au ministère des Transports, une réunion relative au climat social dans le secteur des transports routiers au Cameroun, suite au préavis de grève générale illimitée prévue à partir du 10 octobre 2019 et lancé par le Groupement des transporteurs terrestre du Cameron (Gttc), l’Union nationale des camionneurs professionnels du Cameroun (Uncpc) et l’intersyndical », indique le communiqué qui poursuit : « Y prenaient part les représentants du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, du secrétariat d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale ; Monsieur Ibrahim Yaya, président du Gttc, les représentants de l’inter-Syndical et Monsieur Nyemeck Ntamack Pierre, président de l’Unpc, par ailleurs président confédéral du Cgstc. »

« L’ensemble des revendications présentées par lesdits syndicats dans leur préavis de grève, ont fait l’objet d’un examen minutieux pendant la concertation. Au terme des échanges de ce jour et après l’adoption d’un chronogramme d’activités du Groupe de travail regroupant tous les acteurs concernés, il a été décidé de poursuivre la réflexion sur chacune des problématiques. La première séance de travail est convoquée pour le mardi 15 octobre 2019 à 15 heures. » Suffisant donc pour faire baisser le thermomètre au lieu de le casser comme se l’entendaient certains au point même de prendre à la remorque une certaine presse qui par la provocation a cru devoir faire perdre la sérénité au ministre des Transports. Mais c’est mal connaitre Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè qui ne cède pas à ce genre de manœuvres peu orthodoxes.

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Il en d’ailleurs vu d’autres. Passons ! Reste à espérer que les uns et les autres s’engagent résolument à travailler pour éradiquer définitivement ces points d’achoppement pour un secteur des transports routiers davantage viable et où chacun joue à fond sa partition.

A cet effet, poursuit le communiqué « pour les autres points relevant de la compétence des autres départements ministériels, le ministre des Transports a, par correspondances séparées ce jour, saisi les administrations concernées pour des séances de travail avec les membres du Groupement des transporteurs terrestres du Cameron (Gttc), l’Union nationale des camionneurs professionnels du Cameroun (Uncpc) et l’inter syndical. » La bonne volonté du gouvernement est engagée. Il n’en pourrait en être autrement.

Comme le confirme le communiqué « le gouvernement s’engage à trouver des solutions aux différentes préoccupations et invite tous les acteurs du secteur des transports à vaquer normalement à leurs activités en attendant les conclusions du Groupe de travail. » Vivement le retour à la sérénité dans ce secteur.

LA NOUVELLE N° 509 du lundi 14 octobre 2019

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