Cameroun : Quand Paul Biya désavoue les Présidents du Sénat et de l’Assemblée

Paul Biya 2025

Pourquoi la rentrée des députés et sénateurs camerounais, initialement prévue le 4 juin, a-t-elle été repoussée au 11 ? Éclairage exclusif de 237online.com sur les dessous d’une décision surprise du Président Paul Biya.

Paul Biya désavoue les Présidents du Sénat et de l’Assemblée Fin du suspense au palais des congrès de Yaoundé. Après des semaines de flottement et de rumeurs, le Président du Sénat Marcel Niat Njifenji a finalement convoqué ce 4 juin ses pairs pour l’ouverture de la 2ème session annuelle le 11 juin. Un report de dernière minute qui intrigue la classe politique. Selon nos sources, ce retard est dû à un arbitrage sans appel de Paul Biya. Le chef de l’État aurait retoqué la date initiale du 4 juin, pourtant validée par les Présidents Niat et Cavayé. Un camouflet pour les deux caciques du Parlement, obligés de revoir leurs plans sur injonction présidentielle.

Ngoh Ngoh, le « messager » de la présidence

C’est par la voix de Ferdinand Ngoh Ngoh, le tout-puissant secrétaire général de la Présidence, que Paul Biya aurait signifié son véto. Un désaveu cinglant pour Cavayé Yéguié Djibril, le président de l’Assemblée nationale, contraint de regagner dare-dare son fief de Tokombéré pour se consoler en présidant une réunion locale du parti au pouvoir, le RDPC. Une retraite en forme de pénitence pour celui qui pensait avoir gagné la confiance du « Sphinx » en obtenant en mars un 4ème mandat à la tête de la chambre basse…

Motaze à la bourre, l’Exécutif craint les « villes mortes parlementaires »

Mais pourquoi ce report présidentiel de dernière minute ? Premier motif invoqué : Louis-Paul Motaze, le ministre des Finances, serait à la traine dans la préparation des documents budgétaires devant être examinés lors de cette session. Un argument qui cache en réalité une crainte de l’Exécutif : celle de voir les parlementaires désœuvrés zoner dans les rues de la capitale comme en mars, faute de lois à étudier. Un souvenir cuisant pour le régime, désireux à tout prix d’éviter ces « villes mortes parlementaires » en mettant les bouchées doubles côté gouvernement…

Session ordinaire ou extraordinaire pour repousser les législatives ?

Mais l’hypothèse la plus explosive concerne le calendrier électoral. Pour beaucoup, ce report serait avant tout stratégique. Le régime songerait en effet à sortir le joker d’une prolongation des mandats des députés et sénateurs pour éviter les législatives prévues en février 2025. Un scénario explosif qui nécessiterait de s’y prendre à l’avance. Ce report ne serait-il donc qu’un prélude à une session extraordinaire destinée exclusivement à faire voter la « loi de survie » des parlementaires ? Seul Paul Biya connaît la réponse, lui qui manie comme personne l’art de tenir le pays en haleine…

Par François Bouba pour 237online.com

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