Cameroun – Primes des casques bleus: Les primes payées partiellement à Yaoundé

Suite à la grogne de mercredi dernier, les soldats du contingent de la Misca ont reçu hier, la moitié des primes.
Le soleil a fini par briller sur la pluie de bottes de Yaoundé. Comme annoncé mercredi dernier par Edgard Alain Mebe Ngo’o ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, les 200 militaires de retour de Centrafrique pour le compte du contingent de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), sont finalement entrés en possession de leur dû hier en fin d’après-midi. Quelque 300 gendarmes qui prenaient part à cette mission sont passés à la caisse du côté  du secrétariat d’Etat à la défense (Sed). Tandis que les militaires beaucoup plus nombreux ont été désintéressés au Centre de formation technique des armées (Cfta) à Yaoundé.
Dans les coulisses, le montant de six milliards préalablement annoncé le jour précédent par le ministre de la Communication n’est plus d’actualité. « On nous dit que les primes seront payées  à moitié », confie un bénéficiaire impatient.  Selon d’autres indiscrétions, la première classification de montant devrait aller de 8 à 20 millions Fcfa en fonction de la durée au sein de la mission. Une fois que le montant à redistribuer a été revu à la baisse, la nouvelle mercuriale des prix à dispatcher entre les militaires serait de 4 à 10 millions Fcfa, soit une réduction de moitié des primes qui auraient dû être perçus par les soldats.
Après une journée d’attente au siège du Cfta, les tensions semblent s’être dissipées au sein des rangs des protestataires. Même si la plupart d’entre d’eux savent que le reste du montant ne sera pas perçu, « Déjà, on ne nous dit pas quand est-ce que nous aurons le reste d’argent. Ce qui signifie que les traces sont perdus d’avance », confie un jeune soldat. En attendant, dans les rangs des différents bataillons, l’on accepte de se contenter du peu. « Je préfère d’abord me contenter du peu qui me sera remis ce soir. La suite on verra plus tard », avoue un bénéficiaire.
En attendant de passer au guichet, les uns et autres font déjà des planifications. « Ouf, je vais enfin mettre les tôles sur ma maison », se réjouit un militaire. Son camarade, lui, envisage d’aller officialiser sa relation avec sa fiancée qui a été patiente depuis plusieurs années. « Depuis plusieurs années que je suis avec copine, je n’avais jamais pensé qu’elle serait encore là jusqu’à ce jour. J’ai fais deux années en Rca, j’ai failli y laisser ma vie. Donc je voudrais m’engager avec elle pour la vie », martèle un soldat, l’air pensif. Pour retirer le pactole, certains militaires se sont fait accompagner par leurs épouses. Au moins, avec elles sur le dos, ils sont sûrs que cet argent sera utilisé à bon escient.

Viviane Bahoken

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