Cameroun – Préavis de grève: Le Collectif des organisations des transports routiers menacent :: Cameroon

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La grève générale illimitée annoncée prend effet dès le 7 avril 2014. Elle concerne aussi bien le secteur routier (camion) que celui interurbain de personnes (cars de transport).[pagebreak]Des motifs qui sous-tendent cette action ! Dans le premier cas justifie Jean Claude Noah, secrétaire général de l’Organisation patronale des syndicats des transporteurs auxiliaires du Cameroun (Opstac) : « Depuis une dizaine d’années les transporteurs ont des problèmes avec le Bureau de gestion de frets terrestre (Bgft) sur la répartition du fret ». La Conac saisie de cette affaire notamment pour dénoncer les abus des responsables de cette structure, jubile-t-il, leur avait donné raison dans son dernier rapport sur l’état de la corruption au Cameroun en 2013. En outre poursuit-il, ces revendications ont permis sous haute instruction du président de la République l’ouverture du Bureau de fret – où jusque là un seul syndicat était admis- à d’autres organisations syndicales. A la suite, trois réunions se sont tenues au ministère des Transports depuis octobre 2013. Et en décembre de la même année, la commission mise en place par le Mintransport a rendu sa copie en intégrant au sein de Bgft trois organismes que sont l’inter-syndicat du Nord ; le groupement des transporteurs du Littoral et Opstac.

Seulement, l’arrêté ministériel autorisant leur intégration officielle est toujours attendu. Aussi, ces organisations qui s’interrogent déjà sur la voie empruntée par les montants colossaux perçus par le Bgft, soupçonnent le ministre des Transports de collusion avec ledit bureau. Ces gens, s’insurgent les organisations, perçoivent chaque soir 60 000Fcfa par camion. « À quoi leur sert cet argent quand nos camions sont saisis au Tchad, en Centrafrique et ils ne font rien. Pourtant cet argent devait servir à défendre nos intérêts. D’ailleurs c’est l’une de leurs missions ». Les transporteurs sont davantage en colère parce que pour eux, alors que la Conac a dans son rapport reconnu l’illégalité du Bgft « dans une relation incestueuse avec la douane, ils ont installé un système maffieux car tu ne peux pas avoir accès au fret si tu n’as payé l’argent du Bgft ».

10 000 emplois en péril
Pour ce qui est du secteur interurbain. Les transporteurs redoutent la mort de leur activité avec l’arrivée annoncée de l’Inter-city de la société Camrail sur la ligne Douala-Yaoundé. Or dénoncent-ils, cette société bénéficie des subventions de l’Etat ; de la garantie pour lever des fonds et bien d’autres avantages leur permettant d’amortir leurs dépenses. Tandis que de leur côté- et c’est là où le bât blesse- les transporteurs par car sont assujettis à la haute pression fiscale. « Ils contribuent deux fois pour la même activité soit aux Impôts, à la taxe communale ». En outre, entre Douala et Yaoundé, « on enregistre plus de 18 contrôles et des brigades de gendarmerie territoriale et les pelotons motorisés. Même si vous êtes complet, il faut débourser de l’argent ». Hormis ces contrôles, il y a la prévention routière de la gendarmerie dont toutes les infractions sont de 25 000Fcfa et les trois postes de péage. Des dépenses auxquelles il faut à leur avis ajouter la taxe de produits pétroliers (Tpp) où ils contribuent selon la capacité du réservoir des véhicules.

Par exemple, pour un bus de 70 places pour 400 litres de carburant qui est mis en route, il faut payer 54 000Fcfa. La Coaster de 30 places nécessite 7800Fcfa pour 65l. Soit 120Fcfa par litre consommé. « Sans compter qu’on est assujetti à la Tva sur les prix alors que les prix ne sont pas pratiqués à cause du niveau de vie des Camerounais. Il y a aussi qu’un bus met 6 heures de voyage dont 2 heures pour traverser Yassa à cause des embouteillages », fulmine un transporteur qui dénonce la concurrence déloyale dans la mesure où leur désormais concurrent ne souffre pas des mêmes maux. Il ajoute que les voyageurs vont préférer ce moyen de transport qui offre outre la sécurité, le gain en temps (3h) et en argent (3000Fcfa). Ce qui augure de la mort de leur activité.

Par conséquent des 10 000 emplois directs et indirects que celle-ci génère. A ce niveau « notre problème est que les transporteurs aient les mêmes avantages que Camrail », conclut-il. Sinon : grève illimitée à partir du 7 avril prochain, menacent-ils dans des correspondances adressées aux autorités compétentes.

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