Société

Cameroun – Pr Uphie Chinje : «Le kidnapping de la sénatrice Regina Mundi est inadmissible »

Le samedi 30 avril 2022, la sénatrice REGINA MUNDI du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ( RDPC), parti gouvernant au Cameroun, a été kidnappée par des hommes armés non identifiés, mais donnés comme des miliciens séparatistes anglophones.

Et jusqu’à ce jour, la sexagénaire reste entre les mains de ses ravisseurs, lesquels selon un leader séparatiste, la considèrent comme « une prisonnière de guerre», tout en arguant qu’elle a été arrêtée pour « haute trahison». En effet, les sécessionnistes exigent à Yaoundé, la libération de 75 détenus du mouvement sécessionniste, en échange de la libération de la parlementaire.

Fort de cet événement somme toute affligeant, votre journal est allé à la rencontre d’une élite de premier choix de la région du Nord-Ouest, une humanitaire au cœur d’agneau : Professor FLORENCE UPHIE CHINJE, Recteur de l’Université de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua. Cette universitaire de haut vol nous a accordé un entretien, pour nous faire part de toute la peine et du chagrin qui est sien, relativement au rapt de la sénatrice qu’elle considère comme une sorte de maman pour elle.

Madame le Recteur, comment vivez-vous le kidnapping de la sénatrice REGINA MUNDI par les séparatistes anglophones ?

Il est évident que c’est un sentiment d’amertume et de tristesse qui m’anime. Le kidnapping de la sénatrice REGINA MUNDI est un acte inhumain et inadmissible, et cela, à la fois pour son âge, et pour sa fonction. Il s’agit d’une dame qui a consacré sa vie pour le bien-être de la région, notamment pour son département, en tant que parlementaire et membre du comité central du RDPC ( Rassemblement démocratique du peuple camerounais, NDLR). Et le fait qu’elle était sans un cortège, signifie qu’elle croyait à un retour à la paix au niveau de Bamenda. Elle se sentait libre, se croyant au milieu des siens. Ce kidnapping est lâche et ignoble. Je le condamne avec toute la force de mon cœur, avec toute mon indignation et mon amertume.

Qu’est-ce qui à votre avis, peut expliquer cette industrie florissante des kidnappings au sein des milices séparatistes ?

Vous savez, sur le fond, grâce à la direction éclairée et diligente du Président de la République, Son Excellence PAUL BIYA, les velléités sécessionnistes sont sérieusement compromises. Sachant cela, et conscients que les populations ne suivent plus cette doctrine absurde et satanique, les illuminés du sécessionisme n’ont plus recours qu’à la violence, aux crimes crapuleux, pour terroriser des populations qui les ont désavoués. Rapts, kidnappings et autres mises à mort barbares et inhumaines des personnes par les combattants sécessionnistes, prouvent même l’échec du séparatisme. Bien plus, les populations des régions anglophones ont compris, pour leur immense majorité, que des leaders séparatistes et imposteurs supposés rechercher leur bien-être, ne peuvent pas en même temps les égorger comme des animaux, et les enterrer vivants. Fort de tous ces faits irréfutables, les sécessionnistes se savent battus, et ne comptent donc plus que sur la terreur. Cette terreur traduit le refus d d’adhésion des populations. Ce sont des personnes cupides qui non seulement reçoivent des financements extérieurs occultes, mais aussi, financent leur industrie de la mort par des kidnappings, des rapts sur fond de demandes de fortes rançons. À cela, il faut ajouter les pillages des biens des populations. Il ne s’agit ni plus ni moins que de criminels bandits dont les agissements n’ont rien à voir avec la sécession. Tout cela doit s’arrêter.

Madame la Professeure, une certaine diaspora anglophone est accusée de financer la crise anglophone. Avez-vous un mot à dire là dessus ?

Je pense que presque six ans après le déclenchement de cette crise, ces frères de la diaspora devraient avoir compris que la cause sécessionniste ne rencontre pas l’adhésion de la trop immense majorité de nos populations. C’est donc uniquement pour leurs intérêts égoïstes et personnels, qu’ils continuent à financer l’industrie du crime dans les deux régions concernées. D’autre part, pour ce qui est des activistes et miliciens locaux, ils ne se battent plus pour une sécession chimérique. Ils la savent perdue depuis longtemps. Ils profitent juste de la situation, pour vivre du crime qui leur rapporte beaucoup d’argent. Il est clair que notre pays ne peut plus être déstabilisé par la crise sécessionniste. Je voudrais d’ailleurs vous informer que même au sein du mouvement sécessionniste, on ne s’accorde pas sur le kidnapping de la sénatrice REGINA MUNDI. Il y a par exemple une tendance appelée INDIGENIOUS PEOPLE OF AMBAZONIA ( IPOA) qui, condamne le rapt honteux d’une vieille dame. Les femmes du Nord-Ouest sont tout aussi indignées par ce rapt, mais n’osent sortir manifester, juste par peur d’être remarquées, et subir les traitements inhumains de ces miliciens ambazoniens devenus de vraies brutes et bêtes sauvages, pour dépecer les êtres humains, sans aucun pincement au coeur. Ils tuent gratuitement : militaires, gendarmes, policiers, civils.

Et pourtant, il régnait déjà un niveau de paix acceptable dans la Mezam, le Donga Mantung, ainsi que d’autres départements du Nord-Ouest, à l’exception du Ngoketunjia où le très sombre et ombrageux No Pity ( du nom de guerre d’un chef de groupe armé sécessionniste, Ndlr) commettait des exactions. Aujourd’hui affaibli grâce au travail de nos vaillantes forces de défense et de sécurité, il en est réduit à un méprisable voleur et kidnappeur vivant des rançons. Le plus absurde dans cette triste histoire, c’est de voir ces criminels séparatistes, exiger de Yaoundé, la libération de 75 prisonniers faisant partie de leur mouvement satanique, on dirait que la sénatrice REGINA MUNDI est une combattante pour être considérée comme prisonnière de guerre. Ils lui ont fait réciter sous la menace de la mort, des choses qu’elle ne pense pas. Je crois que les sécessionnistes ont compris que la trop immense majorité des populations est farouchement opposée à leur obscur et sinistre dessein, au point où il ne leur reste plus que la terreur. Lorsqu’une population se reconnaît dans vôtre idéologie, vous n’avez pas besoin de la terroriser. Or cela n’est pas le cas des séparatistes. Très minoritaires, ils se savent vomis par les populations.

Madame la Professeure, vous êtes décrite comme une militante du RDPC, très engagée derrière le Chef de l’État Paul Biya. Assumez-vous cela ?

Évidemment. Bien sûr. Je l’assume en tout temps, en toute circonstance et en tout lieu. Je suis une disciple disciplinée de la politique de paix et de justice sociale de Son Excellence PAUL BIYA. Le Président de la République a toujours prôné le dialogue, et a ouvert ses bras à tous ceux qui veulent déposer les armes. Pour cela, il a instruit son gouvernement de mettre sur pied des structures de réinsertion sociale pour les miliciens convertis. Bien plus, la décentralisation est en marche. Bien menée, elle a tout le potentiel nécessaire pour résoudre quasiment tous les problèmes posés par le fédéralisme. Le Président de la République fait donc montre de toute sa volonté pour la résolution de la crise anglophone.

Et pour sortir de cet entretien, Madame le Recteur, quel est le message que lancez pour la libération de la sénatrice REGINA MUNDI ?

Je demande à tous mes frères de la diaspora, activistes et leaders sécessionnistes, à se revêtir d’un minimum d’humanité, et de faire tout leur possible pour la relaxe pure et simple de la sénatrice REGINA MUNDI. Dans nos coutumes africaines, il est si indécent de réserver un tel traitement à de vieilles personnes. D’autre part, il est très choquant de voir beaucoup de mes frères qui ont fait des études supérieures en Occident après une bonne base solide au Cameroun, financer la déstabilisation de leur pays. Bien plus, la majorité d’entre ces compatriotes a bénéficié des bourses octroyées par le gouvernement de notre pays. Plusieurs infrastructures de développement ont déjà été détruites au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, à cause de la crise. Il faut que tout cela cesse.

Vivement que toute personne physique ou morale pouvant aider à la libération de la sénatrice REGINA MUNDI, n’hésite à le faire. Il est évident que cette maman est dans une extrême détresse. Elle doit vivre une anxiété inimaginable et infernale pour tout être humain dans sa situation ; un rythme cardiaque difficilement soutenable pour son âge. Chacun de nous doit se mettre à sa place, à la place de sa famille, parents, amis et connaissances, et plaider pour que sa vie soit préservée, et qu’elle soit libérée. La famille de la sénatrice REGINA MUNDI doit certainement vivre une terrible épreuve depuis deux semaines, et ne peut pas trouver sommeil.

Je plaide pour la fraternité sans distinction d’ethnie ou de religion entre nous Camerounais, et pour le retour de la paix sur l’ensemble du pays. Je plaide pour la tolérance et l’acceptation de l’Autre. Je plaide pour la paix, l’amour et la fraternité entre tous les fils et filles du Cameroun. Je souhaite que nous cessions de nous haïr, nous dévaloriser, et surtout que ceux de mes frères et sœurs qui financent la crise anglophone, cessent de le faire, et saisissent sans suspicion, préjugé ou a priori, la main tendue par le Président de la République, parce qu’il a à cœur de nous laisser un pays fort, uni, solidaire et prospère.

DE L’INTÉRIEUR DU PAYS COMME À L’INTERNATIONAL,ENSEMBLE, AGISSONS ET PLAIDONS TOUS POUR LA VIE SAUVE ET LA LIBÉRATION DE LA SÉNATRICE REGINA MUNDI !

237online.com: Merline Evina

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