CORONAVIRUS AU CAMEROON
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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 25 mai 2020
Politique

Cameroun: Polémique sur la vraie fausse mort de Paul Biya

C’est dans un environnement dominé par un esprit de solidarité nationale autour de la lutte contre le Cov id-19, qu’est annoncé le décès du président de la République par les activistes de la diaspora sur les réseaux sociaux.

La toile est devenue folle mercredi dernier en se pliant sous un vent sournois qui soufflait à contresens des attentes des camerounais, réconciliés pour un temps dans la foi inébranlable dans le combat contre Covid-19.En fin de matinée d’hier encore, nombreux étaient les Camerounais qui se demandaient ce qui n’aura pas marché pour que sur la place virtuelle on leur serve une information d’une telle dimension ou d’une telle ampleur sans que pour autant aux premières heures de la journée, aucune autorité de la République ne daigne se lever pour apporter un cinglant démenti à cette tentative réseautique de mettre un terme précipité à la vie du premier des Camerounais. Tout et parti sur la toile d’un direct de l’activiste Max Senior Ivoire, qui de Paris sollicitait un maximum d’audimat avant de lâcher la « bombe » de la soirée. Il va finalement dire à ses « followers » que le chef de l’Etat camerounais était décédé et qu’il tenait cette information d’une source de première main, en l’occurrence l’ancien ministre des Transports Robert Nkili qu’il citait nommément.

Il avouait avoir reçu de lui un coup de fil attestant que le patriarche s’en est allé. Emotions, interrogations pleines sur la toile au moment où beaucoup se demande si ce n’est pas de l’intox du moment où la Bas a toujours eu des rapports très difficiles, très inamicaux avec le chef de l’Etat lors de ses récentes visites en Europe, notamment à Lyon et à Genève. Pour compliquer les choses, le mutisme de Paul Biya, son absence au-devant a scène pour communiquer personnellement à ses concitoyens sa grande foi pour vaincre le Covid-19, lui qui est le commandant opérationnel dans la guerre contre ce virus démoniaque, aura de toute évidence favorisé le trou d’air dans lequel se seront jetés les activistes pour écorner à un tel niveau la prestance de l’image présidentielle. Cette situation est davantage exacerbée par les pratiques et les usages en cours ces derniers temps dans tous les pays du monde où on a vu tous les Présidents de la République monter au créneau en Afrique, en Europe, en Asie et aux Amériques dans guerre contre le virus de Wuhan. Le dernier en date, est le président malien Ibrahim Boubakar Keita qui a immédiatement réagi dès l’annonce du dépistage des premiers cas dans son pays il y a deux jours.

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Flux et reflux des réactions

On peut se répéter à l’envi la question pour comprendre davantage les fondements d’une sortie aussi hasardeuse par rapport à la version officielle connue hier. Auraient-ils surfé sur cette absence présidentielle pour conclure subitement et hâtivement à sa mort ? Il va sans dire que toutes les mesures gouvernementales mises sur pied ont été initiées par Paul Biya lui-même comme ont avoué les différents ministres, en partant de Dion Ngute à Manaouda Malachie, René Emmanuel Sadi ou Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, tous se remettent à Paul Biya, tenant leur communication de ses hautes instructions. Pour autant on le sait, Paul Biya est avare en communication publique, rompu à la tâche de deux communications par an, le 10 février et le 31 décembre. Les activistes ont-ils perdu de vue cette réalité ? La réaction gouvernementale est tombée hier en après-midi, venant du ministère de la Communication. Ce n’est pas comme on se serait attendu, René Emmanuel Sadi himself qui a réagi mais un de ses proches collaborateurs en la personne de Charles Atangana Manda, le chef de le Division de l’observatoire des médias et de l’opinion publique qui a signé le communiqué au nom du Mincom. « Le ministre de la Communication assure la communauté nationale et internationale, notamment les internautes, de l’excellente forme du Chef de l’Etat », peut-on retenir comme quintessence de cette communication. S’adressant à l’attention de la communauté nationale et internationale, notamment des internautes du Cameroun et du monde entier, il affirme qu’un « hurluberlu qui dit vivre en France (à Paris), et qui se fait appeler « Kamwa la panthère, (ou tout au moins un sobriquet qui s’apparente à cela) se trouve hélas être de ces concitoyens qui ont perdu sens et valeurs de toutes choses, et qui vivent de phantasmes ubuesques et de vomissures inadmissibles qu’ils mettent sur la mère Patrie. » De toute évidence, on comprend que c’est par mépris que le Mincom n’aurait pas tenu à réagir personnellement.

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Comme en 2004…

« Dans des moments critiques comme actuellement, la seule voix capable de mobiliser les troupes est celle du commandant en chef, mais où est-il ? »,
publiait Blaise Wokam sur sa page Facebook hier. « La seule voix capable de mobiliser les troupes est celle du commandant en chef, mais où est », s’indignait-il. « Depuis hier, une nouvelle pas trop loin d’un gros buzz court, annonçant la mort de Paul Biya. Pour ceux des Camerounais abonnés sur ma plateforme, ne tombez jamais dans la spéculation ni dans l’émotion. Etre gravement malade ne veut pas dire qu’on est mort. Mais si une telle rumeur deviendrait réalité, nous ne tarderons pas de vous informer », promet-il à ses suiveurs. Par contre d’autres sur la toile affirment que le numéro un camerounais serait gravement malade, et qu’il s’est envolé avant-hier nuit dans un avion médicalisé en direction de la Suisse.

Comme en 2004 où une folle rumeur l’avait donné pour mort, l’opinion attend vivement sa réaction pour suivre le pic qu’il va lancer à l’endroit de ceux qui souhaitent et attendent qu’il quitte ce monde. A ceux-là, il leur avait déjà donné rendez-vous dans vingt ans pour ses obsèques. Lui le fantôme, il les avait bien salués, et tous avaient compris qu’il n’avait pas du tout apprécié cet état des choses. La question de la décence, de l’éthique en politique se pose ici avec toute son acuité. Est-il indiqué de souhaiter ou de se réjouir de la mort d’un adversaire politique ? Puisque tout homme est mortel, à quoi bon souhaiter sa mort qui est inéluctable ?

Léopold DASSI NDJIDJOU

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