Société

Cameroun : Plus de 500.000.000 FCFA payés aux preneurs d’otages dans l’Adamaoua

C’est une évaluation de la somme versée en 11 mois par les éleveurs de la Vina aux preneurs d’otages qui écument la région de l’Adamaoua.

La révélation a été faite par les autorités administratives. L’année 2018 a été fatale et dure pour les populations des départements de la Vina, du faro et Déo, et du Mbéré, dans la région de l’Adamaoua. Selon les différents rapports des préfets desdits départements plus de 100 personnes ont été prises en otage entre janvier et décembre 2018 par les bandes armées. Plus de 500.000.000 FCFA ont été payés par les éleveurs et les agriculteurs durant les 11 mois de l’année et ce montant dépasse le milliard sur les trois dernières années. Le phénomène qui a atteint des proportions inquiétantes a poussé les populations à abandonner leurs villages. Pour le préfet de la Vina la situation est grave. « Les élites et les populations doivent faire plus d’effort pour que nous puissions arriver à bout des bandes armées. La collaboration entre les forces de défense et de maintien de l’ordre doit être totale », indique Luc Ndongo, le préfet de la Vina.

« Ne payez plus les rançons… »

Dans son réquisitoire, l’autorité administrative demande plus d’efforts aux élites ainsi qu’au gouvernement pour venir à bout du phénomène de prise
d’otage qui touche cinq arrondissements du département de la Vina. Luc Ndongo ne veut pas être pessimiste quant à l’issue de la lutte contre les prises d’otages et le vol de bétail dans la vina. « Il faut arrêter de verser les rançons. Ils se décourageront d’eux même. Et se rendront compte que l’activité n’est pas rentable » soutien le préfet du Mbéré à Meiganga. Argument battu en brèche par des éleveurs présents dans la salle de la réunion de sécurité convoquée par le gouverneur de l’Adamaoua. « Si le paiement de la rançon peut nous permettre de ne pas voir nos enfants, nos bergers et nous même pris en otage, nous allons verser les rançons. Les quelques fois que nous avons écouté vos conseils les preneurs d’otages ont exécuté leurs victimes, nous laissant dans la désolation. Ce que nous constatons c’est le relâchement dans le travail des militaires Brim », a confié Alhadji Abdoul-Aziz, un éleveur de Belel. Et d’ajouter : « nous collaborons déjà avec les forces de sécurité. Nous fournissons aussi le renseignement qu’il faut. Mais le constat que nous faisons, est que le renseignement que nous fournissons est mal exploité et la conséquence c’est que les preneurs d’otages reviennent à la charge et nous menacent » conclu-t-il.

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Conséquences dramatiques Selon les différentes sectorielles, les conséquences des phénomènes de prise d’otages sont dramatiques pour la région de l’Adamaoua. Les pertes se chiffrent en milliards de francs Cfa pour l’activité économique et des pertes en vies humaines sont nombreuses. Pour les éleveurs et les agriculteurs invités par Kildadi Boukar, le gouverneur de l’Adamaoua, à la réunion de sécurité et de crise visant à mettre fin aux prises d’otages et de vols de bétail dans la région de l’Adamaoua, le gouvernement ne fait pas assez pour la sécurité de leurs biens ainsi que de leur sécurité. « Nous sommes abandonné par Paul Biya et son gouvernement. Dites-nous dans quelle région on tue, on enlève et rançonne de manière paisible. Les villages et bergeries de l’Adamaoua se vident chaque jour. Nous ne savons où aller. Nous ne nous sentons plus en sécurité dans notre propre pays, même dans les environs des centres urbains, on prend en otages les citoyens », a déclaré en larme un éleveur de Nyambaka.
Kildadi Boukar, le gouverneur de l’Adamaoua lui accuse le cercle de réexion des élites de l’Adamaoua auteur d’un mémorandum publié par nos confrères de l’œil du sahel. « Ils ne connaissent rien de la réalité de l’Adamaoua. Beaucoup de choses sont faites par le gouvernement de Paul Biya. Et nous veillerons à ce que les nombreux projets dont bénéficie la région de l’Adamaoua soient menés à bien » insiste-t-il. Sur le terrain, les militaires du Bir ratissent les arrondissements de Nyambaka, Belel et Ngan-Ha à la recherche des otages et des bandes armées.

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Adolarc Lamissia
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