Cameroun: Paul Biya échappe à une tentative d’escroquerie

Le chef de l’Etat camerounais a été contacté par des individus qui se faisaient passer pour Jean-Yves Ledrian, ministre français de la Défense, pour obtenir de l’argent pour libérer des otages français.
Jeune Afrique du 23 août raconte à la page 7 une histoire assez curieuse. Dans un petit article de sa rubrique phare « Confidentiel », l’hebdomadaire parisien raconte qu’il en sait un peu plus sur les tentatives d’escroquerie dont a été victime, fin juillet et jusqu’à la mi-août, Jean Yves Le Drian, le ministre français de la Défense. De fait, rappelle le newsmagazine, des escrocs franco-israéliens, se faisant passer pour le ministre, ont tenté d’arnaquer plusieurs chefs d’Etat africains en leur réclamant entre 5 millions (2,8 milliards de FCFA) et 9 millions de dollars (5,17 milliards de FCFA) chacun, afin de contribuer à la libération d’otages français dont la capture aurait été tenue secrète.
Ont ainsi été approchés, les présidents Macky Sall (Sénégal), Alassane Ouattara (Côte d’ivoire), Paul Biya (Cameroun), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Joseph Kabila (RD Congo), Catherine Samba-Panza (Centrafrique) et Hage Geingob (Namibie). « Encore ne s’agit-il là que de la liste de ceux qui ont pris la précaution de vérifier (comme Ali Bongo Ondimba) ou de faire vérifier (comme Biya, via Martin Belinga, son directeur de cabinet) la véracité de cette histoire en appelant Jean Yves Le Drian », commente Jeune Afrique. « Notre crainte est que d’autres soient tombés dans le panneau, soupire-t-on dans l’entourage de ce dernier. Car dans ce cas, ils n’oseront pas l’avouer ».
Le groupe « d’escrocs », qui a pratiquement pignon sur rue en Israël, opérait via des numéros de téléphone, des adresses électroniques et des comptes bancaires hongkongais dont la validité n’excédait pas vingt-quatre heures. www.237online.com En effet, Jean-Yves Le Drian a déposé plainte fin juillet auprès du parquet de Paris pour tentative d’escroquerie, après avoir été averti par plusieurs chefs d’État d’Afrique francophone récipiendaires ces dernières semaines d’appels téléphoniques suspects dont il était censé être l’auteur. Se faisant passer pour Le Drian, ces aigrefins expliquaient aux présidents africains cités plus haut, sous le sceau du secret d’État, que plusieurs agents des services spéciaux français venaient d’être capturés par des groupes jihadistes.
Pour des raisons de confidentialité, la rançon exigée pour leur libération ne pouvait être versée directement par la France, mais devait transiter par un pays tiers. Suivait, par e-mail, un numéro de compte d’une banque offshore localisée à Hong Kong. L’argent devait être prétendument remboursé au prêteur via… l’Agence française de développement.

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