Cameroun – Opérations Epervier: Le cas Amadou Ali au Tcs

Le dossier du vice-Premier ministre délégué à la présidence chargé des Relations avec les Assemblées fait des vagues au Tribunal criminel spécial (Tcs).  
L’affaire Amadou Ali cristallise désormais les attentions dans les chaumières depuis que l’ancien Garde des Sceaux est propulsé au devant de la scène, à la faveur de l’incendie survenu à la prison centrale de Douala, le 12 septembre dernier. Au Tcs où les avis se mêlent à l’intox, c’est chacun qui y va de son petit commentaire sur l’audition annoncée de l’ex-secrétaire d’État à la Défense en charge de la Gendarmerie, jeudi prochain. Selon les chuchotements de couloirs, M. Amadou Ali aurait saisi le président de la République qui, à son tour, aurait instruit de reporter l’échéance. Contexte actuel oblige? Difficile à dire. Dans tout ce fatras, il est néanmoins constant que le natif de Kolofata est suspecté, dit-on, d’avoir participé à des «opérations douteuses» susceptibles de donner lieu à des poursuites pour détournement des deniers publics. Et dans la liste des «opérations douteuses», se trouvent les deux financements consacrés à la modernisation de l’administration pénitentiaire. Le premier, en rappel, avait pour objectif : l’amélioration du fonctionnement des institutions judiciaires et carcérales ; l’amélioration des conditions de détention dans les 10 prisons centrales. À cet effet, une convention dénommée Programme d’amélioration des conditions de détention et de respect des droits de l’Homme phase II (Pacdet II) avait été signé le 19 décembre 2006 entre le gouvernement et l’Union européenne (Ue), pour un montant global de 6.438.650.000 Fcfa dont 1.200.000.000 Fcfa de contrepartie de l’État du Cameroun. Ce projet, précisent les mêmes sources, d’une durée de 4 ans (2007-2011), financé directement par l’Ue, avait comme ordonnateur le ministre de l’Économie. D’après nos informateurs, le deuxième financement avait également été obtenu. L’objectif ici était la modernisation des prisons et la préparation à la réinsertion sociale des détenus. Selon les mêmes sources, cet important projet avait été financé par les fonds issus de l’initiative d’allégement à la dette multilatérale (Iadm/Ppte) à hauteur de 6.399.437.319 Fcfa, et géré par le ministre de la Justice. On parle dans la même veine, de près de 800 millions de Fcfa également sortis des caisses de l’État pour le développement des infrastructures carcérales, l’amélioration des conditions d’hygiène des détenus, ainsi que pour l’amélioration et la sécurisation des conditions de transport. Une partie de ce pactole, 500 millions Fcfa avaient disparue dans une banque de la place. De quoi aiguiser la curiosité des enquêteurs du Tcs.

Nadine Bella

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