Cameroun – opération Epervier: Bruno Bekolo Ebe sur des braises ardentes

Les services du Contrôle supérieur de l’Etat viennent de rendre public, 20 documents annexes des décisions du Conseil de discipline financière et budgétaire (Cdbf) au sujet des sanctions pour les fautes de gestion commises par différents responsables dont l’ex-recteur de l’Université de Douala au cours de la période s’étalant de 2007 à 2010.[pagebreak] Sur haut accord du président de la République, le Consupe revient ainsi à la charge après une première sortie, opérée le 17 janvier dernier, pour donner dans le menu détails, les éléments constitutifs de la faute de gestion de l’ex- recteur de l’Université de douala, au cours de la période précitée.
Le détail permet de constater que les griefs formulées contre l’agrégé d’économie tournent autour de l’ exécution de dépenses non accompagnées de pièces justificatives ; la violation des circulaires sur l’exécution du budget de l’Etat et des organismes ; l’ acquisition de cahiers de composition auprès de prestataires non agréés ; la violation du principe de séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable ayant conduit aux retraits de fonds, sans justification de leur destination ; l’engagement et ordonnancement de dépenses relatives aux missions de formation des formateurs, sans justification de l’exécution desdites activités ; la violation du Code des marchés publics, caractérisée par l’absence d’études préalables et la mise à l’écart de l’Ingénieur de contrôle, la réception de travaux non achevés etc.

Au-delà de ce complément d’informations mis, heureusement, à la disposition du public, il mérite de s’interroger sur le timing de cette option qui intervient, deux mois après la publication des documents principaux. Car, en effet, ils arrivent au moment où une partie de l’opinion estime que l’opération main propre initiée au milieu des années 2000 par le pouvoir a pris du plomb dans l’aile après la libération de Catherine Abena, Haman Adama, Mounchipou Seydou ou encore d’anciens détenus incarcérés avant le lancement de l’opération Epervier, comme Titus Edzoa et Michel Atangana.

L’Epervier repart-il à travers, le durcissement du ton autour du dossier Bekolo Ebe, cas visiblement particulier au milieu du flot de condamnations de la même veine survenues ces derniers temps et qui ne font pas l’objet d’autant d’amplitude médiatique ? L’avenir nous le dira. Le Messager se contente pour sa part, de publier ici, l’intégralité des documents annexes rendus publics par le Consupe.

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