Cameroun-Nigeria: Plus de vigilance aux frontières

Les experts des deux pays présents lors de la 3ème session du Comité de sécurité transfrontalière sont unanimes là-dessus.

[pagebreak]Les incursions répétées des éléments de la secte terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord démontrent à suffisance la porosité de notre frontière, qui avec l’Etat fédérale du Nigeria est longue de plus de 2000 km. Le groupe d’experts des deux pays, réunis du 18 au 20 février dernier dans le cadre du Comité de sécurité transfrontalière (Cst) ont fait des recommandations aux responsables des deux pays afin de prévenir les conflits ou de rétablir la paix à leur frontière commune. Celles-ci portent sur la sécurité, les opérations de surveillance de la frontière, les enquêtes, des études et recherches, la diplomatie et la justice.
En fait dans le volet sécurité, ce Comité, dont la quatrième rencontre se tiendra à Abuja au Nigeria, recommande l’accélération et la finalisation du protocole de conduite des opérations militaires transfrontalières, comme convenus par les chefs d’Etat-major des armées des deux pays. Aussi voudrait-il que ces deux pays améliorent et intensifient les échanges de renseignements en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, le trafic de stupéfiants des armées et autres formes d’activités criminelles, parmi lesquelles le braconnage, les vols de bétails, la transhumance en dehors des couloirs officiels.
Cependant, tout cela ne peut se faire que par l’implication véritable des chefs traditionnels et des autorités religieuses qui sont capables de restaurer la confiance et d’inciter leurs ouailles à fournir des renseignements aux forces de sécurité. Au niveau des eaux territoriales, les deux parties ont convenu de collaborer plus étroitement à travers l’organisation fréquente des exercices maritimes bilatéraux et d’intensifier le partage de renseignement à travers les centres régionaux de secours maritimes.
De même, en ce qui concerne les opérations de surveillance des frontières, par ailleurs très enclavées et favorables à la multiplication des réseaux de contrebande sur les produits pétroliers au profit d’activités terroristes, il est conseillé aux deux Etats d’équiper et de renforcer les capacités des agents de sécurité chargés de lutter contre ce phénomène. Pour les activités illicites de vol, le Comité d’experts recommande le renforcement des contrôles sanitaires et vétérinaires conformément aux normes internationales ainsi que le recensement des bétails et des populations traversant la frontière. Sur le volet diplomatique et la justice, les délibérations des experts ont porté, entre autres, sur l’extradition, la criminalité transfrontalière, l’enquête judicaire, les relations entre les autorités judiciaires et les élus locaux dans les zones frontalières.

Pascal Dibamou

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