Société

Cameroun -Nécrologie : Ngaoundéré pleure le patriarche Hamadjoda Adjoudji

Le secrétaire général adjoint du comité central du rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) est décédé hier à Paris en France de suites de maladie. Il était âgé 81 ans.

Ce qui était encore une rumeur a été confirmé hier mercredi, 7 novembre 2018, en journée par un communiqué de presse signé par Jean Nkuété, le secrétaire général du Comité central du Rdpc annonçant la mort du docteur vétérinaire Hamadjoda Adjoudji. L’ancien ministre a rendu l’âme ce mercredi 7 novembre 2018, dans un hôpital parisien où il était interné depuis la fin du mois d’octobre. Souffrant depuis plusieurs semaines, Hamadjoda Adjoudji, avant son hospitalisation, avait pris part à la campagne présidentielle du 7 octobre dernier pour compte de son parti, le Rdpc, notamment au cours du meeting de lancement de la campagne électorale à Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua.

Interné d’abord à l’hôpital général de Yaoundé, son état de santé s’est dégradé, a appris le Jour des sources proches de sa famille. Il sera évacué pour la France le 24 octobre. Certains proches de l’ancien ministre de l’Élevage, des Pêches et Industries animales annonçaient son retour au pays dans les prochains jours. La nouvelle est survenue alors que son épouse est rentrée de la France dans la soirée de dimanche dernier. « Maman m’a dit que le ministre allait mieux et qu’il allait revenir très bientôt. C’est une triste nouvelle et je suis inconsolable », a confié Modibo Ousmanou, un proche du défunt. A Banyo, son village natal ainsi que dans les artères de la ville de Ngaoundéré, la nouvelle a fait le tour de la région. « C’est une grande perte pour la région de l’Adamaoua. C’est un baobab qui est tombé. Un grand commis de l’Etat que je consultais sur certains sujets touchant la vie de la région. Nous souhaitons que la terre de nos aïeux lui soit légère », a témoigné Kildadi Boukar, le gouverneur de la région de l’Adamaoua.

Pour beaucoup, l’ancien ministre, et président du Conseil d’administration de l’université de Ngaoundéré, est un père pour de nombreux jeunes fonctionnaires et fils de la région de l’Adamaoua. Hamadjoda Adjoudji est en 1937 à Banyo, dans la région de l’Adamaoua. Docteur vétérinaire formé à l’école nationale vétérinaire d’Alfort (Enva) et à l’institut de l’élevage et de la médecine vétérinaire des pays tropicaux (Iemvt) de France. Après sa formation, il rentre au pays. Il est nommé chef secteur de l’élevage de la vina en 1969, et y reste jusqu’en 1974. La même année, il est nommé directeur général de la Sodepa. Il quitte ce poste pour faire son entrée dans le premier gouvernement du président Biya. C’était le 7 juillet 1984. Il est en charge du ministère de l’Elevage, des Pêches et Industries animales
(Minepia). Il quitte ce ministère le 8 décembre 2004, après avoir passé 20 ans comme ministre. Il est nommé cette année-là au poste de secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc, le parti du président Paul Biya. Il assume aussi les fonctions de président du conseil d’administration de plusieurs entreprises dont Lanavet, l’Armp et l’université de Ngaoundéré. Hamadjoda Adjoudji était aussi membre de la Commission nationale anti-corruption (Conac) et membre du Conseil supérieur de la magistrature où il siégeait depuis plus de 15 ans.

Fidèle parmi les fidèles au président Biya, Hamadjoda Adjoudji était connu comme un homme réservé et l’homme des missions difficiles du président de la République. Il était membre de plusieurs associations sportives et de développement. Selon diverses sources, il est le père fondateur de l’Association des ressortissants de l’Adamaoua (Ara) qu’il va par la suite combattre. Il est connu comme le père adoptif de plusieurs vétérinaires chez qui il a suscité la vocation. « C’est une grande perte. C’était un père pour moi. Nous avons grandi sous son aile au ministère de l’Elevage. C’est triste et nous nous inclinons face à la décision de Dieu notre créateur », a affirmé Docteur Taiga, l’actuel ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales. Au plan politique, Hamadjoda Adjoudji est l’un des pères fondateurs du Rassemblement démocratique du peuple Cameroun en 1985 à Bamenda. « Nous avons perdu un grand frère en politique et un digne fils de l’Adamaoua en particulier et du Cameroun en général. Il a travaillé toute sa vie pour le Cameroun. Je garde de lui l’image d’un homme affable, respectueux des institutions de son pays. Je l’ai connu il y a près de 40 ans. Il est resté le même jusqu’à sa mort. Je suis triste de cette tragique disparition », témoigne Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou, membre du bureau politique du Rdpc et industriel.

Idem pour le lamido de Banyo qui pleure un frère et un ami de longue date. « Nous sommes triste et inconsolable. On se résigne à la volonté de Dieu. C’était une élite, un camarade de parti et un aîné. Le Mayo Banyo est en deuil », a ajouté le sénateur Mohaman Gabdo Yaya, le lamido de Banyo. Depuis l’annonce de son décès, le département du Mayo-Banyo porte le deuil de son fils. A Ngaoundéré, son domicile au quartier Abattoir a été pris d’assaut par de nombreux militants du Rdpc et de curieux venu lui rendre un dernier hommage. Hamadjoda Adjoudji était marié et père de plusieurs enfants. Sa dépouille mortuaire arrive ce vendredi à Yaoundé. Il sera enterré ce même jour au cimetière musulman de la capitale camerounaise.

Commenter avec facebook

Source
Adolarc Lamissia
Tags
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer