Société

Cameroun : « Ne crains rien… je t’aime », l’hommage de Thierry Ntamack aux Femmes

Projeté en avant-première le 2 mai à l’Institut français de Yaoundé, ce long métrage écrit et réalisé par Thierry Ntamack rend hommage aux femmes victimes de violences diverses.1h35 minutes c’est la durée totale de ce film qui plonge le téléspectateur dans la vie d’une femme au nom de Sarah. L’héroïne a un quotidien d’enfer dans un foyer de rêve. Alors que son alliance avec un richissime dénommé Romain a semblé bien débuter avec flonflons, promesses et autres cadeaux hors de prix, sa vie de couple sera un véritable désastre. La moindre erreur de sa part lui vaut, sans détour, une bastonnade et des remontrances appuyées. « Un Roman » à la place de « Romain » sur un gâteau d’anniversaire, un retard de 10 minutes un regard suspect, la liste est dense et risible. Alors qu’elle est réduite en objet s*e*xuel par son époux, ce dernier cache mal son intention de la réduire en esclave de tous ses désirs. Il conçoit mal de la savoir loin de lui. Abandonnée par les siens, qui n’ont d’yeux que pour la fortune de Romain, Sarah va s’employer à cacher sa souffrance, mais difficilement ses cicatrices et les cris stridents qu’elle émet dans le tourment.

Il viendra un jour où après une tentative de fugue, Sarah va se voir châtiée copieusement par son mari ; correction qui lui a arraché son fœtus en gestation et sa capacité à procréer. Romain est emprisonné après l’acte odieux ; une inculpation qui va, sinon redonner le goût de la liberté à Sarah, mais lui donner une chance de refaire sa vie avec David. Tout se complique avec la libération de Romain. La sortie du ténébreux, réveille les traumatismes de Sarah, qui vont fragiliser les relations avec son nouveau compagnon. Elle se retrouve dans l’obligation d’informer son nouvel amant, dont elle est éprise, de son sombre passé mais davantage de son infertilité.

Avec talent, précision et réalisme, Thierry Ntamack construit l’épopée de Sarah en relevant ce qui peut constituer une clef à l’intention de toutes les femmes qui traversent cette atrocité. Pour autant, le réalisateur ne s’érige pas en donneur de leçons « je ne suis qu’un artiste. Mais j’étais comme beaucoup de cons qui trouvaient effectivement que les violences faites aux femmes c’est une affaire de chialeuses, des féministes qui font un peu trop leur cinéma, jusqu’au jour où je fais un travail d’investigation et tout change dans ma tête. À ce moment, j’ai commencé à regarder ces femmes-là comme ma mère, comme ma fille, comme ma sœur, comme ma collègue, comme ma future épouse et du coup j’ai commencé à faire un vrai travail de fond en me rendant compte que c’est un sujet tellement vaste.

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C’est un film qui pose une peinture et nous espérons qu’il va répondre à pas mal d’attentes». Sa nouvelle trouvaille vise un objectif précis « Combien de fois dans notre vie de tous les jours on a vu une femme se faire tabasser par son mari et au lieu d’aller au secours de cette femme-là on dit mais c’est bien fait pour elle. Elle a fait ceci elle a fait cela, jusqu’à ce qu’elle crève. Au niveau de « Cinéma au prix d’une bière » on s’est dit parlons de ce qui donne espoir, dénonçons les injustices, donnons envie aux gens d’être des personnes meilleures. Et le 7e art a cette capacité à toucher les gens.

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A force de parler des gens qui menacent, des gens qui font mal on crée une société apocalyptique. » La thématique abordée par le réalisateur lui a valu de bénéficier du parrainage d’Aissa Doumara (Prix Simon Veil) pour le lancement du projet ; il a également été soutenu par nombres d’associations dont Rayons de Soleil dirigée par Fidèle Djebba. Depuis 9 ans que la machine tourne, Thierry Ntamack rassure qu’elle n’est pas prêt de s’arrêter. Il a annoncé la réalisation prochaine d’une webserie sur les violences faites aux femmes.

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