Cameroun – Ministère du Travail et de la sécurité sociale: Les primes divisent Grégroire Owona et son personnel

Dans un environnement où, le personnel du Mintss entend désespérément l’application du nouvel organigramme signé par le président de la République en novembre 2012, la titularisation et la responsabilisation aux postes vacants des intérimaires, la suppression des Its est perçue comme le geste de trop. La goutte d’eau qui a visiblement débordé le vase est la suppression des Indemnités pour travaux spéciaux (Its), le 28 décembre 2014. Depuis lors, le personnel du ministère du Travail et de la sécurité sociale(Mintss), en général et les contractuels en particulier, ont perdu la quiétude. Du 26 février 2015, date à laquelle le premier mot d’ordre d’arrêt de travail a été lancé – et qui finalement a été suspendu – à ce jour, le personnel continue de réclamer à cor et à cri la réintroduction et la rétribution de leurs primes. Et pour cause, les séances de travail qui ont été organisées entre Grégoire Owona, le ministre du Travail et de la sécurité sociale et le syndicat national des contractuels du Cameroun (Sncc), représenté par Luc Thierry Ebolo, le président exécutif national et par ailleurs chef service des archives par intérim au Mintss, peinent à aboutir à une sortie de crise. « Sur la base des promesses faites par notre ministre allant dans le sens de résoudre le problème au plus tard à la fin du mois de mars 2015, nous avons décidé de suspendre le mot d’ordre d’arrêt de travail. Malheureusement cet engagement de la part de notre hiérarchie n’a pas été respecté », dévoile Luc Thierry Ebolo. A en croire, le personnel du Mintss, il a été mené en bateau. D’autant plus que la date du 31 mars 2015, marquait la fin des engagements budgétaires pour le compte du premier trimestre.
D’après les proches collaborateurs du ministre, la difficulté à réintroduire lesdites indemnités émane de l’absence de textes précis organisant le payement des dites primes. Un argument qui est aussitôt battu en brèche par le personnel. Il estime que depuis quatre ans que le Mintss est à la tête de ce département ministériel, les indemnités aujourd’hui querellées ont toujours été payées.

Impasse
S’il est une constance qui se dégage, c’est que le rétablissement de l’attribution des Its, ne pourrait aussi promptement se faire que sa suppression. Avec le changement du mode opératoire du Sncc, qui est passé du préavis à la déclaration d’arrêt de travail envisagée les 13 et 14 avril prochain, cette question est devenue un casse-tête pour le Mintss. « Nous avons saisi le Chef du gouvernement, et lui à son tour a saisi, les ministres de la Fonction publique, de la Justice, des Finances, du Contrôle supérieur de l’Etat et celui du Travail et de la sécurité sociale, afin qu’une solution puisse être trouvée », explique le président exécutif national du Sncc.
Selon une correspondance du ministre de la Fonction publique et de la réforme administrative adressée au Premier ministre datant du 6 avril 2015, on apprend qu’un comité interministériel a siégé le 2 avril dernier dans les services dudit ministre. Le point inscrit à l’ordre du jour était d’arrêter une position commune sur la légalité ou non de la notion d’« indemnités pour travaux spéciaux ». De cette séance de travail, à laquelle ont pris part quatre ministères, il ressort que l’Its est dénuée de tout fondement juridique. Par ailleurs, il est suggéré la mise sur pied d’un comité de normalisation des primes et indemnités diverses pour déterminer l’ensemble des avantages à accorder aux personnels de l’Etat. Toutefois, pour les revendications du personnel du Mintss, en vue d’une sortie de crise il a été demandé au Mintss de trouver une mesure exceptionnelle en liaison avec le ministère des Finances. Rendu au Mintss ce matin, rien ne filtre. Les recommandations de la concertation du 2 avril dernier, sont restées lettre morte. Pourtant devant le mutisme de la hiérarchie, le personnel indigné est résolu à paralyser les services si rien n’est fait.

Luc Justin Kamguia, 237online.com

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