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Cameroun – Mfoundi: Le mémorandum de toutes les divisions

Le document dont la paternité est attribuée au patriarche Emile Onambélé Zibi, est considéré par les filles et fils de ce département comme une révolte contre le Chef de l’Etat.
Le document intitulé « Mémorandum du Mfoundi » et signé à Yaoundé le 9 septembre 2016 par Emile Onambele Zibi, au nom de l’Association des patriarches et notables de ce département, ne va pas du dos de la cuillère pour dénoncer certaines tares au sommet de l’Etat. C’est le cas par exemple du caractère absentéiste du Président. 237online.com « En effet et contrairement aux obligations liées à vos fonctions, vous êtes devenus d’abord absent, puis définitivement inaccessible. Face à cela, Excellence nous et nos peuples tenons à vous faire savoir ce qui suit. Ce qui était considéré à l’époque comme une simple vue de l’esprit apparait clairement comme un génocide. Nos peuples sont dispersés et dilués. Nos terres sont uniquement confisquées et revendues. Bientôt nous serons sans repères, sans culture, sans village. Nous n’attendons plus nous laisser faire, pour nous il s’agit de lutter pour notre suivie ». Pour les initiateurs de ce brulot, les filles et fils de ce département ne se reconnaissent plus dans le Rdpc, le parti ayant été pris en otage par la tribu Bamiléké. « Le Rdpc, le parti au pouvoir dans lequel vous nous avez entrainé, ne vous appartient plus. D’ailleurs nous y avons toujours occupé des positions subalternes. Aujourd’hui, votre Secrétaire Général, Jean Nkuete a crée un autre Rdpc plus proche des ambitions des siens, et contrôlé par ceux de sa tribu, les Bamilékés. Le président du Sénat, M. Niat, lui, ne cache plus ses origines (très importants dons de tous les genres aux hôpitaux et universités de sa seule région). Nous vous annonçons notre départ du Rdpc là pour autres formations politiques plus proches de nos aspirations et qui nous considèrent comme des citoyens à part entière ». Seuls Bulus et Nanga Eboko bénéficient des retombées. « Votre pouvoir est entrain de devenir tribal et même familial, puisque tous les postes de pouvoirs et d’argent vont de plus en plus chez les Bulus et Nanga Eboko, dont seuls les suffrages n’ont jamais suffi pour vos réélections successives aux différentes consultations électorales. Chaque fois que le Mfoundi et l’Est ont été sollicités, c’est pour les épreuves qui ont ébranlé votre pouvoir et qui pouvaient vous enmporter. Sans le Mfoundi par exemple, le putsch du 6 avril 1984, les villes mortes, Bakassi, « vos différentes victoires » au lendemain du multipartisme, et même la lutte contre boko haram, auraient connu un autre destin ». Et de dire leur ras-le-bol, « le peuple du Mfoundi, et par la voix autorisée du conseil des patriarches vous écrivent aujourd’hui pour vous dire leur indignation et leur ras-le-bol, désormais entre vous et nous, rien ne sera plus comme avant, si une fois de plus vous restez silencieux et méprisant à vos habitudes ».

Moïse Moundi

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