Cameroun – Mengong: Deux maires traduits en justice par des riverains

Justice

Les deux personnalités sont accusées d’abus de fonction et d’escroquerie foncière.[pagebreak] Le feuilleton remonte au 29 mars 2005. Date à laquelle la famille Mvondo Nkpwele représentée en justice par Benjamin Nkpwele, apprend que son patrimoine foncier du quartier Ondondo, en plein centre de Mengong (30 Km d’Ebolowa sur la route de Yaoundé), est provisoirement cédé à la mairie par Jean Khoury, Directeur général (Dg), de la Société nouvelle des contreplaqués du Cameroun (Sn-Cocam), basée à Mbalmayo. L’entreprise évoque un déficit d’exploitation de son ancienne base pour justifier sa décision. Cette correspondance qui fait brûler le torchon entre Théodore Ekata’a Mbang, ancien adjoint aux maires, Gilles Roger Belinga et Rosette Minlo ; Gervais Engolo Eto l’actuel maire et la famille Mvondo Nkpwele, a fait remonter en surface via les tribunaux, une manœuvre de duperie dont auraient été victimes, les parents des plaignants lors de l’installation de la Sn-Cocam à Mengong, en 1977. Selon Elom Mvondo, actuel chef de la famille qui a porté plainte, «la société forestière Cocam voulait construire une scierie à Mengong en 1977. C’est ainsi qu’une parcelle de terrain lui a été cédée par ses parents contre versement à titre de consolation, d’une modique somme d’un million Fcfa. Malheureusement, la société est tombée en faillite sans avoir investi et a transféré sa base à Mbalmayo», se souvient-il. Constatant l’échec, les riverains décident de récupérer leur terrain et commencent à le mettre en valeur. Mais, ils seront combattus par M. Ekata’a qui leur fera comprendre que le terrain en question appartient à la mairie, brandissant une deuxième correspondance du Dg de Sn-Cocam, datée du 7 juillet 2008, et faisant de lui le gestionnaire dudit terrain. Coupable Sur ces entrefaites, il sera traduit au tribunal de première instance de la Mvila pour abus de fonction, usurpation de titre et dénonciation calomnieuse. Reconnu coupable, il sera condamné à payer une amende de 200.000 Fcfa à chacun des trois plaignants. Approché, celui que ses adversaires soupçonnent de manipuler les maires de Mengong, dit être victime d’une conspiration dont il ignore les véritables raisons. «Les parents de ces gens ont cédé le terrain à une entreprise forestière qui est tombée en faillite et le terrain a été déclaré d’utilité publique. Je leur avais proposé à l’époque où j’étais maire, une compensation de 2 hectares sur les 9 que totalise la parcelle. Ils ont refusé. En l’état actuel, ils n’ont rien à réclamer à cet endroit», se défend-il. Faux, rétorque Elom Mvondo pour qui «c’était un bail emphytéotique (un bail de longue durée, d’au moins 18 ans et d’au plus 99 ans). Comme les clauses n’ont pas été respectées notamment en matière de recrutement de 140 jeunes par Cocam, il est devenu caduque». Depuis le début de la guéguerre, Victor Marcel Ngangué, le préfet de la Mvila et Gilbert Ebo’o, chef de service du Patrimoine à la Délégation départementale des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières de la Mvila, rendus sur le terrain, n’ont pu apaiser les esprits. Dans la foulée, une plainte a été déposée contre le maire Gervais Engolo Eto par les mêmes plaignants pour expropriation, abus d’autorité et escroquerie foncière. L’actuel maire avait signé un arrêté interdisant l’établissement des titres fonciers dans le ressort de sa commune. Les membres de la famille Nkpwele qui auraient été sommés d’arrêter les constructions engagées sur le site querellé ont porté plainte. «Ils ne sont pas les seuls visés par la mesure. Les arrêts des travaux concernent les baraques en planches. Il se trouve que M. Benjamin Nkpwele modifie une bâtisse de Sn-Cocam. Je lui ai juste demandé de produire un titre de propriété ou tout autre document attestant sa légitimité sur ce terrain. Malheureusement, j’ai plutôt reçu une citation directe. Alors que je ne faisais qu’agir selon les prescriptions du livre vert qui nous guide dans l’exercice de notre fonction, notamment en matière d’assainissement urbain», se justifie le maire. En attendant, la guerre est réellement déclarée entre la famille Nkpwele et Théodore Ekata’a Mbang, chef du groupement Boulou nord-Mengong centre, accusé entre autres d’avoir mis en location le bâtiment de l’ancienne poste de Mengong. Son actuel domicile serait, de sources concordantes, l’ancienne mairie de Mengong qu’il aurait transformée en maison d’habitation.

Guy Roger Mvondo

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