Le décret du chef de l’Etat signé hier peut être analysé comme un mea culpa du chef supérieur des armées.[pagebreak] Biya veut sans doute corriger « la discrimination » qui aurait porté atteinte à la cohésion des hommes au front. Des rumeurs d’un malaise circulaient déjà au sein de l’armée. En effet, le président de la République avait signé le 1er avril trois décrets portant attribution de la médaille de la vaillance à 408 soldats du Bataillon d’intervention rapide a crée la polémique dans les rangs et suscité des interrogations. Selon le site de la présidence, il s’agissait de 38 officiers qui ont «conduit avec patriotisme et sans esprit de recul, plusieurs batailles ayant permis de repousser les assauts des membres du groupe terroriste Boko Haram, sauvegardant ainsi l’intégrité du territoire national». 129 sous-officiers ayant «conduit en tant que chef de poste ou de patrouille, avec détermination et bravoure, plusieurs combats ayant permis de repousser les assauts des membres du groupe terroriste» ; 241 militaires de rangs. Ces décrets laissaient transparaitre des injustices. En effet, plusieurs militaires, pas seulement du Bir, ont été déployés sur le front à l’Extrême-Nord. On rencontre ceux du Régiment de l’artillerie sol-sol (Rass), ceux du Régiment d’artillerie sol-air (Rasa). Des militaires du Bataillon blindé de reconnaissance (Bbr), du Bataillon des troupes aéroportées (Btap). En plus, il y a des gendarmes du Groupement polyvalent de la gendarmerie nationale, des policiers, des militaires de l’armée de l’air et de la marine nationale. Tous ont été lésés. Des éléments du Bir qui se sont pourtant affichés par leur bravoure sur le front ne figuraient pas aussi dans les décrets du 1er avril dernier
I.H.




