Cameroun: Mbarga Atangana prescrit la consolidation des bonnes pratiques dans la Filière cacao





A l’occasion de l’ouverture solennelle de la campagne 2014-2015 par le ministre du Commerce (Mincommerce), à Bot-Makak, dans le département du Nyong et Kellé, le 04 septembre. [pagebreak]«Des marchés organisés par les producteurs ont fait leur preuve. Les mauvaises pratiques sont en perte de vitesse». A travers ces propos, Luc Magloire Mbarga Atangana entend conscientiser les acteurs de la filière sur l’impératif de poursuivre efficacement la lutte contre les maux qui minent la filière cacao. Notamment, les mauvaises pratiques post-récolte et la multitude d’organisations des producteurs. Et les bons élèves de la pratique des marchés groupés encouragée sont, selon le Mincommerce, les bassins de productions de la Lékié (1175 Fcfa/kg), de Makénéné (1173 Fcfa/kg) et de Nyanon (1063 Fcfa/kg). Les cours de la fève étant davantage promoteurs sur le marché international, M. Mbarga Atangana a appelé les bassins de production à la traîne à prendre «le train des marchés groupés». C’était lors de l’ouverture officielle de la campagne cacaoyère 2014-2015 jeudi dernier, dans l’arrondissement de Bot-Makak. Et pour ce faire, le patron du Commerce accompagné de Mme Rebecca Ebellè Etamè et Aboubakar Iyawa, respectivement secrétaire générale du Ministère de la recherche scientifique et de l’Innovation (Minresi) représentant la ministre Madeleine Tchuinte, et préfet du Nyong et Kellé, a réitéré «la structuration rationnelle des organisations de producteurs» à chacun des bassins en retard. Car, comme il a été prouvé par les experts du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (Cicc), dans le cadre des réunions d’évaluation du déroulement de la campagne cacaoyère 2013-2014, c’est la démarche de l’organisation des marchés qui permet de lutter efficacement contre le phénomène de «coxage» (commerce frauduleux des fèves de cacao), qui appauvrit les planteurs à longueur de campagne. D’après l’hôte du jour des cacaoculteurs bassa, les mauvaises pratiques (séchage du cacao sur le bitume, mélange des produits d’origine diverse et douteuse chez les exportateurs, proportion des produits à odeur de fumée…) diminuent considérablement. S’agissant de la transformation locale du cacao, le Mincommerce a relevé une nette amélioration avec plus de 32.000 tonnes de fèves transformées par les industriels, soit une augmentation de 824 t par rapport à la campagne écoulée.

Des pratiques contre-nature. En dépit des résultats encourageants engrangés, et au moment où «la conjoncture au marché international est favorable», le Mincommerce a invité les cacaoculteurs à plus de travail et d’efforts, pour la durabilité et la profitabilité partagée des fruits de la filière. En bon pédagogue, il a recommandé aux seigneurs de la terre de continuer à combattre les mauvaises pratiques, et notamment le phénomène ravageur du «coxage». Bien plus, d’après le membre du gouvernement, la promotion de la qualité et la durabilité du label Cameroun sur le marché international passent par l’assainissement des opérations de commercialisation interne. A cet effet, la récente circulaire du Mincommerce interdit «de stocker en magasin acheteur ou exportateur du cacao ayant un taux d’humidité supérieur à 8%». À l’Office national du cacao et du café (Oncc), pour la maîtrise des statistiques à l’exportation de la fève, le ministre a prescrit une réflexion afin de mettre hors d’état de nuire tous les potentiels fraudeurs au fisc.

Des atouts à capitaliser. «Pour la campagne 2014-2015, les ventes sont favorables au cacao camerounais. Avec des perspectives du marché international intéressantes», a révélé Luc Magloire Mbarga Atangana aux producteurs. Et pour capitaliser cet atout commercial, il a demandé à ces derniers «de prendre en main leur destin». En d’autres termes, pour tirer grand profit de cette embellie annoncée, il faut «relever le niveau de production et maintenir le cap de l’assainissement de la qualité pour permettre à la filière d’être au rendez-vous de l’émergence telle que prescrite par le chef de l’État», a renchéri le ministre. Aussi, convient-il d’intensifier la vulgarisation des programmes de certification dans les bassins de production. Et pour convaincre les plus sceptiques, il dira en conclusion que les prix du cacao au port de Douala tournent actuellement autour de «1500 Fcfa/kg». Un fait qui relève de l’inédit, selon le ministre.

Bilan mitigé. Bien avant, Michael Ndoping et Valentin Foketchang, respectivement directeur général de l’Oncc et vice-président du Cicc ont dressé le bilan de la campagne 2013-2014. De l’analyse rétrospective du Dg de l’Oncc, on a retenu sur le plan quantitatif que la production nationale commercialisée a été de 209.905 tonnes contre 228.911 pour la campagne 2012-2013, soit une baisse de 9%. Les exportations effectuées par 32 entreprises ont été de près de 175.000 tonnes, soit une baisse de 3,37%, par rapport aux 180 722 tonnes de la campagne antérieure. Sur le plan qualitatif, la fève camerounaises a été commercialisée en 3 grades : GI, GII et hors standard. L’occasion pour Michael Ndoping de réitérer que d’ici 2020, «seul le cacao certifié sera commercialisé sur le marché international». Les prix de la récente campagne, d’après le Dg, ont été les meilleurs, depuis trois campagnes. Dans cet environnement des prix favorables, les producteurs organisés tels que ceux de la Région du Centre ont tiré grand profit : «un prix maximum de 1275 Fcfa et 750 pour le minimum dans la Région de l’Est». La cérémonie s’est achevée par la remise des présents. Et selon la circulaire du Mincommerce, la compagne officiellement ouverte jeudi dernier à Bot-Makak court du 1er août 2014 au 15 juillet 2015.

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