Dans une sortie fracassante relayée par 237online.com, le journaliste sportif camerounais Martin Camus Mimb a déclenché un véritable séisme dans le paysage audiovisuel africain. Le célèbre animateur dénonce sans concession la médiocrité qui gangrène de nombreuses chaînes de télévision du continent, accusées de se précipiter sur le satellite pour diffuser des contenus d’intérêt strictement local, sans vision ni ambition véritable.
Quand la télévision devient un outil de prestige social
« On ne peut pas faire la télévision parce qu’on a un ami ministre, un groupe d’intérêts villageois, ou une volonté d’être enfin respecté dans la société », assène Martin Camus Mimb dans sa critique acerbe. Le journaliste pointe du doigt les motivations douteuses derrière la prolifération des chaînes : « On crée des télévisions, pour faire comme… pour aider les amis à… pour blanchir les sous de… Presque jamais pour révolutionner une vision. »
Cette analyse sans concession, partagée par de nombreux observateurs du secteur, met en lumière les dérives d’un secteur où l’ego et les intérêts particuliers semblent souvent primer sur la qualité et la pertinence des contenus proposés. Le résultat est sans appel : des émissions qui n’intéressent personne au-delà du quartier où elles sont produites, mais qui sont pourtant diffusées à l’échelle continentale.
L’investissement dans les compétences : le grand oublié
L’une des critiques les plus percutantes formulées par le journaliste concerne le manque criant d’investissement dans la formation continue des équipes. « Combien de fois une télévision africaine a accepté de payer un expert pour faire la veille de compétences annuelle de ses ressources humaines ?« , s’interroge-t-il, déplorant que certains professionnels soient considérés comme « compétents ad vitam æternam, sans aucun recyclage ou mise à jour. »
Il illustre ce constat par une anecdote révélatrice : un jeune responsable des sports d’une chaîne l’ayant contacté pour une formation après l’acquisition des droits d’une compétition, mais espérant obtenir ses conseils gratuitement. « Je lui ai dit bravo, mais la connaissance se paie », raconte Mimb, avant de conclure : « Comment vous pouvez aller acheter les droits juste pour que le buzz de votre nom soit garanti, et vous voulez challenger des chaînes étrangères qui, sans forcer, ont plus de compétences et sont plus outillées ? »
Ce cri d’alarme de Martin Camus Mimb résonne comme un appel à repenser fondamentalement l’approche de la télévision en Afrique, où la qualité et la pertinence devraient primer sur les ambitions personnelles et les considérations de prestige.
Par Laurent Diby pour 237online.com
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