Cameroun – Lycée de Nkoabang: Une bousculade fait plusieurs blessés

A l’origine de cet incident, des élèves qui auraient forcé l’entrée du portail occasionnant dans la foulée l’embouteillage.[pagebreak]Les élèves du lycée de Nkoabang dans la Mefou et Afamba ont connu une grosse frayeur hier 03 mars 2015. Il s’est produit dans cet établissement d’enseignement secondaire un incident qui a occasionné un arrêt immédiat des activités. Il s’agit selon le préfet de la Mefou et Afamba, d’une bousculade qui a fait près de 58 blessés avant le début des cours. Cette autorité administrative a d’ailleurs indiqué que « la bousculade n’a fait aucun mort ». Informations confirmées par le ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapes Bapes dans un communiqué lu sur les ondes de la Crtv-Radio. Or selon la Crtv-Radio, ce heurt a fait près de 75 blessés. Un chiffre confirmé par la population qui ajoute que sept morts ont été dénombrés surplace. Informations que les responsables des établissements sanitaires où les enfants ont été conduits, n’ont pas confirmées. Tout serait parti aux environs de 8h. Retenus à l’extérieur de l’établissement par leurs surveillants, les élèves étaient sommés de présenter leur cahier médical et de discipline avant d’accéder au lycée. «Il y a eu au sein de l’établissement un enregistrement po*r*nographique réalisé par les élèves de notre lycée qui a fait le tour. Enervée, Marie Bernadette Belinga Beti a décidé de remettre de l’ordre en instaurant dans un premier temps, le contrôle de ces deux carnets», explique un élève dudit lycée. Profitant ainsi d’une ouverture du grand portail pour laisser passer un véhicule, ces élèves ont forcé le passage occasionnant dans la foulée une bousculade. Dans cet élan, plusieurs élèves ont été piétinés et certains ont perdu connaissance. «Lorsque nous avons essayé de forcer l’entrée, les surveillants nous ont brutalement repoussé en frappant sur certains d’entre nous qui tombaient dans tous les sens. C’est en voyant cela que nous nous sommes révoltés en prenant des cailloux et des gourdins en guise de défense», confirme un autre élève. Police « Ce que vous devez savoir est qu’il y a eu un contrôle des carnets de discipline au niveau du portail. Et comme les enfants sont au nombre de 3.000, il y a eu attroupement. Et certains ont bousculé le portail pour entrer c’est ainsi qu’est né l’embouteillage. On a sauvé tous vos camarades personne n’est mort grâce au secours des forces de maintien de l’ordre. Nous avons appelé tous les hôpitaux. Il y a ceux qui ont été légèrement blessés, les médecins disent qu’il y en a qui sont dans une forte phase de récupération», a indiqué le préfet au milieu d’une foule indignée. A l’entrée du lycée de Nkoabang, une marée humaine barre les deux côtés de la route. Tenue en respect par un nombre impressionnant de policiers, une centaine environ, cette foule est hystérique. Interdite d’accéder au lycée, elle lance des cris et insultes à l’attention des autorités qui sont descendues en masse sur les lieux. Dans cette foule, on peut voir des parents qui pleurent à chaudes larmes. Les commentaires vont bon train tout comme les versions et les déclarations divergent. Postés devant l’entrée du lycée où le grand portail a été arraché, des policiers veillent au grain, l’œil mauvais et armes au poing. Sur le sol, on peut voir des ordures et des feuilles de cahiers jetés ça et là. «Il n’y a plus rien ici, rentrez chez vous. Le lycée a été saccagé et vandalisé par les élèves», lance avec dédain un policier. Il est interdit d’avancer. Toute personne étrangère est refoulée même les cris et supplications des mamans n’ont pas fait flancher ces «cerbères». Le discours et la méthode Hier matin, au lycée de Nkoabang à Yaoundé, une colonne d’élèves forcent l’entrée de cet établissement scolaire afin de suivre les cours. La révolte des élèves procède de l’instauration par Marie Bernadette Belinga Beti, proviseur dudit établissement, du contrôle des carnets de discipline et de santé. Une annonce faite au cours du rassemblement de lundi. Si personne ne veut évoquer le contexte dans lequel cette décision du retour à la discipline dans un campus dont la réputation sulfureuse dépasse les frontières de cette bourgade, des langues se délient sous cape. A la vérité et selon des témoignages concordants, tout serait parti d’une vidéo po*r*nographique tournée par des élèves du lycée et qui a atterri entre les mains du proviseur. Ce qui l’aurait conduite à lancer la traque des élèves irréguliers, qui polluent l’environnement scolaire et continuent de fréquenter l’école sans gêne. D’où l’exigence de la présentation du carnet de discipline au portail hier matin. Si l’initiative du retour à la discipline est louable dans un contexte où certains membres de la communauté éducative démissionnent de leurs responsabilités, Mme le proviseur n’aurait-elle pas dû procéder à ce contrôle dans les salles de classes, question de ficher définitivement les irréguliers, les indisciplinés et les exclus ? Même avec une armée régulière, faire face à 3000 élèves en banlieue ou dans une grande ville, c’est risqué et source de bavures. La preuve… Pourquoi attendre le second trimestre parvenu pratiquement à son terme, pour lancer la chasse aux imposteurs ? Cela révèle au moins que cet établissement scolaire est une passoire où des hors-la-loi s’abritent et trouvent asile en toute quiétude. Du coup, autant les élèves, récalcitrants à l’instruction du proviseur sont punissables, autant le chef d’établissement dont le laxisme et la négligence apparaissent au grand jour est blâmable. Le discours était mais il a manqué de méthode pour maîtriser cette horde d’indisciplinés.

Mélanie Ambombo

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