Cameroun – Lycée de Bandjoun: deux commandants de brigade sèment la panique pendant 2 heures !

Eleves

Le mercredi 13 avril 2016 était une journée chaude au lycée classique de Bandjoun, à cause de l’irruption deux officiers de gendarmerie qui ont provoqué un véritable vacarme près de trois heures d’horloge dans cet établissement scolaire.
Il est environ 10h45mn ce mercredi 13 avril 2016 lorsqu’un pick up aux couleurs de la gendarmerie nationale gare dans la cour du lycée de Bandjoun. 237online.com Deux gendarmes en descendent et foncent au pas martial vers le bureau de M. M Fongang Ferdinand, Surveillant Général des classes de 3e. En fait, il s’agit de l’Adjudant Chef Djeumaleu, commandant de brigade de Bayangam flanqué de son collègue, l’adjudant-chef Ebodé, commandant de la brigade Ter de Bandjoun. Ils referment bruyamment derrière eux la porte de la surveillance trouvée ouverte, et un de ces bidasses qui se présente comme parent d’une élève présente, aboie en frappant la main et son béret sur la table -des sources disent que le surveillant reçoit aussi une gifle :  » Vous me connaissez ? Vous savez qui je suis ?, vocifère le gendarme. Vous osez porter main sur ma fille ? Vous vous croyez où ? Mon enfant est venu laver vos puanteries (sic)? Elle ne lave pas !  » Le bruit trouble la sérénité des classes voisines et très rapidement, l’attroupement se forme devant lebureau du surveillant. Les autres collègues accourus pour voir ce qui se passe rappellent aux bidasses qu’ils sont un établissement scolaire et que quel que soit le problème, et au cas où ils l’auraient oublié, l’interlocuteur qu’ils tentent d’intimider, à savoir le surveillant, n’est pas le mieux indiqué. Ils les conduisent donc vers les bureaux de Mme Chouloh Chantal, proviseur ce lycée. 237online.com La traversée de la cour du lycée par ces visiteurs d’un autre genre finit de vider les dernières salles de classe.

ELÈVE DIFFICILE
A l’origine de cette scène surréaliste, il y a l’indiscipline, l’arrogance et le refus répété de l’élève Ngadjui Djeumaleu Inès Kévine de la 3E1, fille du commandant de brigade Djeumaleu, de faire le nettoyage de la classe. Se prévalant sans doute des galons de son père, ses camarades de classes et les encadreurs sont unanimes pour déclarer qu’elle est une élève difficile. Outre qu’elle nargue ses camarades qu’elle insulte et taxe de  » pauvres  » parce que, dit-elle, «  mon père me donne 10 000f d’argent de beignet « , elle refuse publiquement de se soumettre à toute tache collective, plus encore à la punition pour ce refus, en rappelant que  » même à la maison, je ne lave pas les toilettes « . Devant ce cas d’indiscipline, ajouté aux autres écarts de comportement liés à la puberté naissante et non maîtrisée de la gamine, le surveillant général va porter son cas à Mme le proviseur qui décide de convoquer les parents. Ce mercredi, la convocation est servie à l’élève en question, demandant au parent de se présenter au lycée le lendemain. 237online.com La fille s’en ira emprunter le téléphone portable de l’élève Megne Foko Laeticia de la 1ereC, pour dire à son père qu’on a porté main sur elle. Point n’est besoin de rappeler que les instructions officielles en interdisent l’usage dans l’enceinte scolaire et demandent même aux responsables de détruire tout téléphone saisi sur un élève. Toujours est-il que c’est suite à cet appel de la fille que le gendarme de père va appeler son collègue en renfort pour une expédition punitive au lycée, histoire de montrer à ces  » petits teachas  » de quel bois un commandant de brigade de village se chauffe. Et lorsque le parent-gendarme arrive, en tenue de service, accompagné de son collègue dans un véhicule 4×4 de service, au lieu de se diriger vers le responsable de la structure l’ayant convoqué comme il se doit, c’est-à-dire le proviseur, il s’est plutôt dirigé dans une gestuelle de démonstration de force chez le Surveillant Général. Comme quoi, la hiérarchie n’existe que chez les gendarmes ! Il faut rappeler qu’en date du 13 janvier 2016, les parents de la même fille avaient déjà été convoqués au lycée, toujours pour des problèmes d’indiscine. Aucun d’eux ne daignera se présenter. Le 19 janvier 2016, sous la pression des responsables de l’établissement, un jeune étudiant de l’IUT Fotso Victor s’est alors présenté comme l’oncle de l’enfant. Il avait alors prétendu que la mère de la fille était internée à l’hôpital ne pouvant pas être là et le père en mission…

QUAND LES TEACHAS SE METTENT AU MAINTIEN DE L’ORDRE
Au bureau de madame le Proviseur, ce parent d’un genre particulier a continué de faire du bruit. Pendant ce temps, la nouvelle s’est répandue dans ce vaste campus que des gendarmes sont venus menacer les enseignants et les responsables. Très rapidement, toutes les salles de classes se sont vidées. En quelques minutes, ils seront plus du millier d’élèves massés devant le bloc administratif, demandant vengeance : «  Les gendarmes viennent menacer nos professeurs jusqu’ici ? Laissez-nous entrer finir avec eux « , lancent les plus surchauffés. Les filles, camarades de classe de la petite Inès lui en veulent particulièrement et cherchent à en découdre avec elle : «  Elle se croit supérieure à tout le monde ! Parce que son père est gendarme ? Qu’il parte avec sa fille ! « . D’autres rappellent même qu’elle ne devrait pas fréquenter le lycée de Bandjoun :  » Elle fait même quoi ici alors que son père travaille à Bayangam ? Qu’elle aille au village se vanter avec l’argent que son père prend en route ! « . Les gaillards se sont armés de tout ce qui leur tombe sous la main, les outils de travail manuel, mais aussi des bouts de lattes, des cailloux… Certains tentent même de dégonfler les pneus du pickup garé dans la cour avant d’en être sagement dissuadés par les enseignants qui eux aussi ont abandonné les salles de classe. Dans une curieuse inversion de rôle, ce sont les teachas qui se mettent au maintien de l’ordre, pour empêcher la foule d’élèves en furie de forcer la porte du provisorat pour lyncher les intrus en tenue. Même  » Jioma « , le président de l’APEE accouru entre temps, se joint aux enseignants pour appeler les élèves au calme. Ils vont obtenir une relative accalmie au bout de près de 2 heures de négociation. 237online.com C’est au terme d’un long conciliabule dans le bureau du responsable de l’établissement et surtout avec beaucoup de tact que les deux commandants de brigade sont  » libérés  » du siège des élèves. Des sources déclarent que devant la tournure que prenaient les événements, les gendarmes auraient présenté leurs excuses à l’administration du lycée. Pour seule consolation, les élèves vont les huer lorsque, sous bonne escorte de l’administration du lycée, ils vont sortir du bureau pour s’engouffrer dans leur voiture et quitter le lycée…Reste à présent les conséquences de droit et disciplinaires à tirer. Déjà, les responsables de la discipline au lycée craignent pour leur sécurité, car, disent-ils, «  si n’importe quel parent doit se prévaloir de sa position sociale ou de son pouvoir pour débarquer dans la cour du lycée et faire la loi, nous allons tout simplement baisser la garde « .

Noël NGAHANE

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